Drôle de rembâcle, par Louis et Cora

A la montagne on avait vu que la nuit serait mouvementée, le vent devait souffler sud/est. Nous étions quatre au bateau, juste assez pour attendre le vent en tapant le carton à la contrée. Le ciel était dégagé, la moitié de la lune brillait sans cacher l’aurore qui bougeait dans la nuit bleutée et tardive. Lorsque l’on a posé les dernières cartes les mâts ronronnaient, on avait le vent dans le nez et doucement il augmentait sa puissance. Dehors la glace ne s’étendait qu’à 20 mètres au sud du bateau, la petite île nous protégeait un peu et la baie était encore calme.
A 2h30 le ciel était clair et la nuit chaude, la lune descendait doucement vers l’ouest mais tout était rempli de bruits, la glace contre la glace et le métal. Et on bougeait. Le vent faiblit une heure plus tard pour laisser place à la houle qui fit onduler la surface blanche comme si elle était souple, comme si on secouait un grand drap blanc. Le bateau tanguait et tapait contre la glace avec de plus grands bruits encore. La banquise commença à fendre et se disloquer, le vent reprenait de la force et les fissures se rapprochaient.

A 6h30 le bateau était libre au milieu des blocs que le vent maintenait tout autour, nous avons descendu un peu plus de chaîne et suspendu l’annexe au-dessus des plaques libres qui la bousculaient. L’équipage était debout, la glace contre la coque avait sonné le réveil de bonne heure. Nous avons petit déjeuné avec les lueurs de l’aube et le vent et le temps qui s’inversaient. Le froid et le gris arrivaient avec un vent de sud/ouest. Alors, un peu perdus au milieu d’une banquise en morceaux nous avons repris les cartes pour une partie matinale. Dans la journée la mer s’est calmée et le bateau a trouvé une place. Les fissures se sont soudées, les trous ont gelés et la petite banquise a repris forme.


3 réflexions sur “Drôle de rembâcle, par Louis et Cora

  1. La tempête a béni mes éveils maritimes.
    Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
    Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
    Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots !

    Je vous lis, et je ressens chacun de vos mots …
    Merci à tous les deux,

    Le Cap’

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  2. Le 20 avril c’est l’anniversaire du seul maître à bord de ce bateau givré, dégivré plutôt on ne sait plus.Enfin seul maître, après le vent, le chaud, le froid, la houle, la glace pas la glace et toute cette eau! et … ici le 20 avril les œufs sont dans les nids et les fleurs dans le cerisier. Bises mon Louis et tiens bon…la barre.J’espère que Mr Pic te fera rire et qu’il y aura des bougies sur le gâteau.

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