Des villages de pêcheurs abandonnés, par Philippe Rigaud

Lors des escales (mouillages) dans des cales favorables à un arrêt pour quelques heures ou pour une nuit nous avons eu l’opportunité de descendre à terre et visiter de petites agglomérations, des villages de pêcheurs abandonnés et livrés à l’usure du temps.

Des constatations et des réflexions viennent rapidement à l’entendement.

Ces maisons ou cabanes, bien souvent les deux, qui étaient destinées à l’usage de la pêche ont été bien placées en des lieux favorables a priori, en tout cas dans des sites abrités et où l’on pouvait recevoir des bateaux d’assez forts tirant d’eau, chalutiers, caseyeurs, crabiers… aux fins de recevoir la pêche et de l’évacuer une fois les opérations de conditionnement réalisées.

Ainsi en arrivant sur les lieux après avoir débarqué de l’annexe une impression bien réelle d’abandon interpelle aussitôt.

Les maisons de bois ont souvent perdu leurs toitures, d’autres se sont effondrées sur elles-mêmes, les piliers de soutènement ayant lâché et, pratiquement toutes ont leurs ouvertures et fenêtres béantes, portes et fenêtres gisent à terre sur le coté, devant le seuil, parfois plus loin.

Photo El Girandulo
Photo El Girandulo

L’intérieur est à la mesure de ce que l’on peut attendre d’une première vision, les murs ont été littéralement arrachés, l’isolation du plafond percée et enlevée, les planchers s’effondrent humidifiés, trempés. Partout des restes de vie parsèment les pièces, matelas éventrés et vieilles cuisinières ou frigos rouillés, tables et débris de chaises jonchent le sol. Il est manifeste que ces habitations ou ateliers ont été pillés et saccagés.

Photo El Girandulo
Photo El Girandulo

Il est possible sans que l’on sache vraiment que ces prélèvements sauvages aient eu lieu peu de temps après la désertion de ces sites, il y a quelques vingt ans voire plus au moment de la mise en place des restrictions appliquées à la pêche pour cause de l’effondrement des espèces halieutiques alors capturées en trop grand nombre (vers 1992).

Ces dévastations nous paraissent incompréhensibles, à la rigueur récupérer du matériel délaissé et sans doute oublié peut se comprendre voire s’excuser dans ces contrées de peu de ressources mais la destruction volontaire ne s’explique pas ou bien échappe à notre logique.

La désolation et la tristesse hantent ces petits villages de pêcheurs, c’est dommage.


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