Une façon comme une autre d’aller au resto, par Phil le marin

Aasiaat retrouvée ! Ejnar, l’ami fidèle et ô combien dévoué, était à l’aéroport pour m’accueillir. Le temps d’un café et des échanges de nouvelles, me voilà sur le port à la recherche d’un bateau qui voudra bien me déposer à bord. C’est que le Manguier est à couple de l’épave du chalutier, et donc inaccessible sans une annexe … Marius, le patron du Claudia est là, il hèle un de ses copains, et me voilà à bord !

Il fait frais, mais sans plus. Les prévis météo données sur les sites danois et norvégien ne correspondent à aucune réalité: il ne fait pas du tout – 15°C comme annoncé, mais un petit – 5°C. Et donc évidemment pas la moindre glace … juste une petite moustache autour de la flottaison du Manguier.

Sage précaution d’avant le départ: le poêle à bois est tout prêt, il n’y a qu’à craquer une allumette … Ça ronronne, le poêle et moi aussi !

Mais l’heure n’est pas encore à la rêverie: je m’active. D’abord démarrer le groupe électrogène. Je reprends la check-list à l’envers (j’ai fini par réussir à faire une check-list, un progrès considérable !) et … ça démarre !

Ensuite remettre en service les batteries, la cuisinière, pelleter la neige qui encombre la coursive et déjà c’est l’heure de rejoindre Ejnar et Idue qui m’ont donné rendez-vous au Café 3 qui s’est doté d’un nouveau Chef.

Le problème étant que l’annexe est sur le pont, que le moteur principal n’est pas encore démarré, et que de toute façon, la pompe hydraulique est à terre pour réparation … Et il fait déjà nuit. Ni une ni deux, je mets l’échelle de bain et enfile ma super combinaison de survie. En deux coups de battoir, je suis sur le ponton. Une petite fille qui me voit sortir de l’eau reste complètement figée en me regardant !

Le plat de tapas groenlandais (crevettes, amassat, morue séchée, mattak, pemican) est un vrai délice !

Aujourd’hui jeudi, j’ai démarré le moteur principal, et celui de l’annexe. La moitié du village d’Akunnaaq est déjà passée pour me demander quand je partais là-bas !

Mais il faut d’abord faire les pleins, et comme il n’y a pas de places au quai, ça risque de prendre encore quelques jours …

Pourtant, j’ai vraiment hâte de passer mon petit Noël en solo à Qammavinguaq !

Takuss !

La combinaison est mise à sécher pour éviter qu’elle ne se transforme en statue …

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