7 février 2018, cours de Français ! par Fleur

Lundi matin, Jens Peter, le professeur de l’école, est gentiment venu me chercher au bateau en motoneige pour m’emmener en classe. Ma mission : professeure d’un jour pour les 8 enfants scolarisés d’Akunnaaq, âgés de 6 à 14 ans.

Chaque jour de la semaine, chacun d’entre nous participe à la classe afin de parler aux enfants de notre pays, de notre région et de la vie que nous menons. Nous devons aussi leur donner quelles notions de base de Français.

Je connaissais déjà Gerhardt et Richard, 11 ans, et Mari, 13 ans, avec qui j’ai fait un atelier BD. Aujourd’hui, étaient aussi présents Brian et Lisa, 6 ans, Karlo et Andreas, 7 et 8 ans, et Arnarissoq, 14 ans, dont le prénom signifie « femme parfaite » en Groenlandais.

Je leur ai parlé de l’Aveyron, de mon village médiéval de Combret, perché sur un éperon rocheux et j’ai montré quelques images de ma maison aux pierres rouges. Nous avons parlé des truites qui vivent dans la rivière et que les pêcheurs attrapent grâce à des leurres. La prononciation du « u » de truite est assez difficile pour les Groenlandais qui n’utilisent pas ce phonème dans leur langue. Tout comme il est difficile pour nous de prononcer le « q », une sorte de « qr » guttural et retenu. Cela a donné lieu à un concert de « trouuuuite » dans l’assemblée, les plus timides chuchotant plutôt des « truuite » presque inaudibles. Nous avons aussi parlé du rougier de Camarès, une formation géologique très particulière qui présente des dunes rouges faisant penser à la planète Mars. Il y a eu des « oh » et des « ah » devant les images rouges et vertes qui contrastent terriblement avec notre quotidien blanc sur blanc.

Puis nous sommes passés au Français. Comment ça va ? Ça va bien ! Merci ! De rien !

Quel âge as-tu ? J’ai 11 ans ! Comment t’appelles-tu ? Je m’appelle Arnirassoq ! Et toi ?

Les timidités se sont estompées peu à peu.

Nous sommes passés aux chiffres et aux nombres. Jens Peter avait préparé une feuille avec les trois langues afin que chaque enfant écrive les nombres en toutes lettres en français. Un, deux, trois, quatre… J’ai aussi appris des choses sur les nombres groenlandais. Le 20 est très intéressant. Il se dit inuk naaluqu. Le mot inuk, le singulier d’inuit, signifie la personne humaine. Et inuk naaluqu veut dire « la fin de la personne humaine ». Pourquoi ? Mais parce que nous n’avons que 20 doigts en tout. Après c’est donc fini !

Le cours était entrecoupé de petites pauses goûter et récréation. Les enfants couraient dehors par -30°C pour faire de la luge à qui mieux mieux.

Pendant ce temps, Jens Peter et moi buvions un thé en discutant de l’ancien temps et du nouveau. Un jour d’école comme un autre, dans l’une des classes les plus septentrionales de la planète.

Photos Aurélie Mertenat


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