Dance me to the end of autumn… par Karin Huet

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Soren Peter Geisler et Mona Lisa Rafaelsen, du groupe Nipilersoqatigiit Porta, en concert au Café 3

C’est le week-end, les gardiens du Manguier trépignent, piaffent et se lavent le crin : ce soir on SORT. On va RENCONTRER DES GENS ! (avouons-le : la population coopère peu à notre mission scientifique -3100 âmes, pourtant…).

Heureusement, Aasiaat est réputée comme la ville la plus « musicale » du Groenland. Un habitant sur cinq jouerait d’un instrument. Le vendredi soir : concerts !

Au Café 3, à deux pas du bateau, c’est une sorte de bal musette à forte dominante troisième âge. Il y a des liasses de paroles de chansons sur les tables, entre les bouteilles de bière, pour chanter en chœur. C’est en groenlandais et je m’applique. Ma voisine, née en 1951, nous explique que tel morceau est un air américain. Quand elle était petite, son père triturait le bouton de la radio, jusqu’à ce qu’il tombe sur la base américaine de Thulé, il écoutait la musique et écrivait des couplets en groenlandais… L’air de la chanson suivante est d’origine hollandaise et remonte à plusieurs siècles… On chante mais on danse aussi, on se donne, surtout les mamies, en solo ! La plus dynamique, comme je la complimente, m’étreint, les yeux chavirés : Oh je danse… mon mari… il est mort… je danse… je danse… pour lui!

À minuit, le Café 3 ferme. On monte deux trois rues, c’est le Tugulaq, le bar du Corbeau. Le public y est de tous âges et vêtures mais avec une certaine composante de jeunesse dorée. L’entrée est à 30 Kr. Des filles retirent leur doudoune Canada Goose et leur salopette d’hiver, dessous c’est leggings, requimpette et tatouages. Repères géographiques : abondance de petits nez gracieux, d’yeux bridés malicieux, de noires chevelures ; bottillons fourrés, baskets ou croquenots de rando. La musique c’est du rock, jeunes et vieux se jettent sur la piste, lestes et allègres, nous invitent…

Plus tard, à la mi-janvier, on ira skier et faire du traîneau, maintenant ce n’est pas encore le vrai hiver, m’a dit Soren Peter. Maintenant, dansons ! il n’y a que ça à faire.

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Sur la scène du bar Tugulaq, Miké Thomsen, comédien et chanteur de Nuuk, accompagné par des musiciens d’Aasiaat : Marius Sandgreen au piano, Isau Smidcht à la basse, Hans Lars Fleischer à la guitare, Pete Kaspessen à la batterie.

 

 


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