L’envol du corbeau au soleil de onze heures, par K.H.

Le ciel de neuf heures : rose, à l’est, à l’ouest, au nord et au sud. Par les rues de la ville, la neige tombée cette nuit est une luxueuse moquette de haute laine mohair. Je croise une pelleteuse chasse-neige, qui dévale la chaussée, racle et vrombit.

Le sentier est invisible, bien sûr. Dans les creux, la belle neige me monte au-dessus des genoux. Sur les bosses, les herbes-jauges-à-neige annoncent toujours, les traîtresses, 10 cm. Le ciel est vert lichen.

Où sont les animaux aujourd’hui ? Rien que mes pas pour trouer le blanc. À onze heures je suis de l’autre côté de l’île. Les premières traces que je vois : d’un oiseau.

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 Longeant un lac, j’entends la glace casser sous moi. Je me jette à quatre pattes. Je croyais être sur la rive, je suis sur l’eau. Voici l’animal mammifère : à quatre pattes, je regagne la rive pentue.

Cette île a plus de lacs que le gruyère de trous. De détours en retours, il est quatorze heures et j’aborde la ville par son revers. C’est là que le camion-benne décharge les ferrailles collectées par Holmi dans toute la région.

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