Anticosti, la fin d’un rêve, par Phil le marin

Beaucoup d’entre vous sans doute connaissent ou ont entendu parler de l’histoire des révoltés du Bounty. Pitcairn, l’île qui devait s’apparenter au Paradis …. Et qui se transforma en Enfer …

Je vais faire sourire certains (ceux qui ont déjà entendu cette sempiternelle rengaine !), mais au fil des années qui passent, je dois avouer que l’humain m’apparaît de plus en plus comme «un être non-abouti». Je veux dire par là qu’on a l’impression que le ou les Dieux qui l’ont façonné, pris par le temps, n’ont pas eu le temps de le terminer, et qu’ils l’ont posé sur terre à moitié fini !!! A ce propos, je renvoie les lecteurs du blog aux succulentes nouvelles de Dino Buzzati qui avait déjà imaginé un scénario de ce type … Parce que vraiment, l’Homme, quelle drôle de bestiole …

Donc, pour en revenir à Anticosti, imaginez un village de 160 personnes ou la moitié de la population ne parle pas à l’autre ! Bon d’accord, nous, en Corse, on est super habitué ! Mais quand même ! Ici, il y a ceux qui sont pour l’exploitation du pétrole, et ceux qui sont contre l’exploitation du pétrole. Et c’est pas vraiment cool … Le plus tragi-comique de la situation, c’est que ni les uns ni les autres ne sortiront les marrons du feu, et qu’une fois de plus, les grosses multinationales feront la loi !

Remarquez, c’était un peu mal parti. Un certain Menier (qui a bien sûr laissé son nom au seul port de l’île), en prise aux classiques délires des roitelets-îliens, débarqué dans l’île à la fin du 19ème où il se fit construire un château (aujourd’hui en ruines, vanitas vanitatis …) commença par exterminer la population d’ours, animal soit disant dangereux pour les lessiveuses qui étaient obligées de se faire accompagner des hommes pour ne pas être dévorées ! (Isabelle ne manqua pas de remarquer que pendant que les femmes se cognaient la lessive, les hommes, nonchalamment appuyés sur leur fusil, montaient la garde … !!! Ô Temps bénis que ce beau XIXe siècle !!!). Il envoya hors île toutes les personnes qui ne voulaient pas travailler pour lui, et exerça tranquillement son despotisme paternaliste sur l’île. Avouez que comme Paradis, y a mieux !

Ah oui, j’allais oublier : 160 habitants à Anticosti, mais l’accostage au vieux quai nécessite quand même de remplir un formulaire de deux pages à la «capitainerie», et de s’acquitter de la taxe d’amarrage. Taxe qui n’est pas perçue sur place, mais envoyée à l’adresse de «l’armateur», c’est à dire en Corse pour moi, d’où il faudra que je fasse un virement bancaire d’environ 20 $ m’a-t-on dit, mais je n’ai aucun papier le confirmant …

Bref, un Paradis que l’on quitte volontiers … Comme tous les Paradis ???

Anticosti
Photo El Girandulo

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