Avoir les boules, par Phil le marin

Tout était donc prêt et décidé pour la sortie du Manguier au chantier d'Aasiaat. J'avais fait l'impasse sur la note un peu salée, pour ma "tranquillité d'esprit". Mais tout n'est pas si simple au pays des "autres racontars"…

Hier matin (lundi), je me rends au chantier, la sortie étant prévue pour le jour même ou au plus tard le lendemain. Le patron du chantier me demande alors une photo des "dessous du Manguier" pour le calage. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il était temps de s'en soucier, mais m'abstient de tout commentaire et fournit donc la photo en question, montrant un pimpant Manguier en carénage à Sète en 2004 … Quelques minutes après apparait le responsable du slip, qui regarde, réfléchit et incidemment demande le poids du bateau. De plus en plus étonné (j'avais déjà spécifié toutes les mensurations du Manguier au moins 3 fois), je réponds 100 tonnes. Regard consterné du responsable ! La rampe principale permet de sortir des bateaux bien plus lourds, mais les rampes secondaires, qui elles permettraient le stationnement du Manguier, sont limitées à 80 tonnes. Non, désole, on avait oublié cette question du poids, Non, impossible de sortir le bateau maintenant: il faut attendre la fin décembre, quand tous les autres bateaux sont au sec, pour ne pas bloquer la rampe principale … . 80 tonnes, 100 tonnes, c'est pas beaucoup plus dis je. Non, non, trop risqué, les assurances etc …

Donc voilà, j'ai les boules. Le Manguier doit rester à l'eau jusqu'à la fin décembre, dans l'enceinte du chantier certes (un quai genre Mourmansk pour les happy few qui connaissent), mais à l'eau. Alors que tout était prévu depuis presque 15 jours … Alors que je pensais que tout était prévu … J'en viens même à me demander si ça se justifie de le sortir fin décembre, quand le port est censé commencer à geler. Une fois que la mer est gelée, il n'y a plus grand risque …

Enfin, les boules, quoi … Heureusement, Jesse est là pour mettre un peu d'ambiance ! Sailing school in Aasiaat !

Sailing school in Aasiaat

 


5 réflexions sur “Avoir les boules, par Phil le marin

  1. Et m… ! Manquait plus que ça 😦
    Je ne comprend pas pourquoi le Manguier doit être le dernier bateau à mettre au sec. D’autres options ? Sisimiut ?
    Courage!
    Olivier

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  2. Phil, tu es là devant un des charmes du Groenland, de la mentalité des habitants, le temps n’a pas d’importance, les paroles non plus. Si un groenlandais te dit qu’il sera présent au bout du quai le lendemain matin à sept heures pétantes, alors tu as une demi chance sur cent pour qu’il y soit vraiment. Il aura probablement été appelé pour une partie de pêche avec un cousin,sujet à une panne d’oreiller de compétition, ou alors décidé de repeindre son appentis. Même les étrangers vivant là-haut ont pris le pli, faut dire que la libération des contraintes est personnellement confortable …

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