Argo Bay, la nuit s’en va, par CZH

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Ce serait comme des papillons de suie qui s’éparpillent. Une lourde étoffe de satin qui glisse. Inexorablement la nuit se retire, s’amenuise, fond, s’absorbe. Une flaque d’huile de vidange dans le sable. Une ombre douce et veloutée sur laquelle on souffle et qui s’envole. Lambeaux impalpables. C’est la fin d’un règne, un cycle de six mois. Un fil en boucle qui se referme.

Place à l’ère de la lumière, au retour du jour: le choix du corbeau. Dans la légende, c’est la fin pour le renard du contrat passé avec le corbeau. À l’origine des temps l’un voulait l’obscurité, l’autre la lumière. Le ciel, lassé de leurs querelles retentissantes les départagea en leur attribuant en alternance et parts égales le jour et la nuit.

D’heure en heure, le soleil aiguise ses rayons, traque la nuit dans ses recoins et la dissout. Une toute autre énergie est à l’œuvre. Ce n’est plus la torpeur ni l’engourdissement dans la lueur du crépuscule permanent de novembre. C’est le grand réveil, même si la nature est encore profondément figée sous sa gangue de glace et de neige. La lumière est crue, brillante, chargée de vigueur. Les astres se sont mis en branle. Ça fuse, irradie, crépite d’éclats.

Argo Bay, the night is leaving, by CZH

It would be like butterflies made of soot, scattering. A heavy satin cloth sliding. The night is inexorably withdrawing, diminishing, melting, being absorbed. A puddle of motor oil on sand. A velvety and soft shadow on which one blows and then is flying away. Ethereal tatters. This is the end of a reign, a six-month cycle. A wire in loop closing. Now starts the era of light, the return of the day: the choice of the raven. In the legend, for the fox that is the end of his contract with the raven. At the beginning of times, one wanted the dark, the other light. The sky, tired of their resounding quarrels decided for both by assigning alternate and equal parts day and night.

Every hour, the sun is sharpenning its rays, stalking the night in its hidden corners and vanishing it. A different energy is at work. This is no longer the torpor or numbness in the glow of November’s permanent twilight. This is the great awakening, even if nature is still deeply frozen in its shell of ice and snow. The light is raw, shiny, full of strength. The stars have begun moving. It’s sparkling, radiating, crackling.

English translation by Tanguy


Une réflexion sur “Argo Bay, la nuit s’en va, par CZH

  1. Je trouve que votre résidence d’artistes à 3 fonctionne vachement bien ! Arts plastiques et littéraires et je suis sûre que vous faites aussi de la musique ! Et de la danse ! Et j’allais oublier que la Cuisine est un art… Dans le printemps marseillais, on se réjouit de vous suivre dans votre Bateau-Givre et on vous embrasse !

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