Ça y est, lleguei in Pancho ! C’est ainsi que les Chiliens appellent Valparaiso. Pancho, c’est le diminutif donné à San Fransisco. Sur l’un de innombrables cerros qui font la ville, se dresse l’imposante église de San Fransisco, qui autrefois était visible de très loin en mer (aujourd’hui hélas, comme partout dans le monde, des promoteurs peu scrupuleux s’acharnent à défigurer la ville en y construisant d’immenses tours …). Et les marins de s’écrier Llegamos a Pancho !
J’y suis arrivé en avion certes, mais quelle arrivée ! A l’aéroport, Xavier m’attendait, brandissant une pancarte à mon nom. Je m’attendais à voir un vieux Monsieur avec des cheveux blancs me dit il ! Est ce l’image des français ? Nous nous engouffrons dans un bus, direction le terminal. Chaleur accablante (34°C). Et en quelques kilomètres à peine, c’est toute l’Amérique du Sud qui ressurgit de ma mémoire ! Déjà il faut descendre, et repartir dans un autre bus pour Valparaiso. Xavier me serre la main, il reste à Santiago. Xavier ? Le mari de la fille de l’ami chilien de l’ami de Karin, Philipe Grenier !!!
A Valparaiso, c’est Enrique qui me cueille à la sortie du bus ! Dans son incroyable coccinelle des années 70, une sorte de Manguier roulant ! Pour m ‘amener illico à la pâtisserie familiale où il doit faire une bricole me dit il … La pâtisserie fête cette année ses 60 ans ! Et pour marquer le coup, Enrique a édité un livre de photos sur Valparaiso, photos qu’il avait prises au tout début des années 60 et qu’il avait conservées dans un carton, pour qu’un jour, peut être !
Enrique
Heidi et Enrique
Dédicace au Salon du livre de Santiago il y a 2 semaines
Enrique me montre comment confectionner mon mille feuilles : une bande de pâte feuilletée que je coupe en 4, une couche de creme de leite, une couche de crème patissière, une autre couche de creme de leite, une couche de confiture de framboise, le tout nappée d’une couche de crème fraiche. Ensuite, avec un couteau spécial, on coupe la pâte, et on fait attention au bruit me dit il. Et ensuite ? On mange : 1, 2 3 mille feuilles, d’affilée ! Je vois déjà que le personnage a quelque chose de très attachant !!!
Nous filons au marché, les vrais marchés, avec les cris, les odeurs, les gens qui se bousculent ! Nous faisons ample provision de toute sorte de fruit (fraises, cerises, bananes, pommes, nèfles, pêches, citrons, mandarines, et même « chirimoyas » dont je ne connais pas le nom français). Tous ces fruits que je retrouverai plus tard dans mon assiette … et puis de poissons aussi, que le poissonnier débite en filets avec une rapidité qui te ferait frémir ma chère Karin !
Le repas qui suit à l’appartement, qui sera ma demeure pour mes prochains jours, est gargantuesque ! Même après 3 mille feuilles ! Et arrosé. Car Heidi, la femme d’Enrique, tient à me faire tout goûter avant que je ne reparte ! Suit donc une logique petite sieste, d’autant que les 18 hures de voyage et les 4 heures de décalage commencent à faire leur effet !
Plus tard dans la soirée, Enrique m’embarque pour une virée dans Valparaiso, des coins où les touristes ne vont pas dit il en riant ! La coccinelle monte et descend, descend et monte, me laissant à chaque fois le souffle coupé … quelle ville ! D’ailleurs, demain, Enrique a du boulot toute la journée, donc je referai tout ça à pied.
Mais avant de rentrer faire un petit dîner ( ! ), Enrique tient à m’amener en haut du Cerro Nueva Aurora. Le soleil est déjà couché, mais seules la lune et Vénus sont déjà visibles. Le ciel est encore embrasé de la journée. Les lumières de Valparaiso scintillent dans la nuit qui s’installe. L’esprit s’envole, c’est une vision d’une autre époque … Gracias Enrique, gracias a la vida !





Quel lyrisme ! Merci de nous faire partager tes impressions de voyage. J’aime bien la comparaison de la coccinelle avec le Manguier, ils ont l’un et l’autre ces rondeurs rassurantes qui invitent au dialogue…
¡Buen viaje!
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