Dimanche 5 Juillet, Du côté de la cambuse par Cécile Z.

Et qu’est ce qu’on mange aujourd’hui ?

 

« Il n’y a pas de doute, on est bien sur un bateau français » nous disait, il y a quelques temps un visiteur de passage en contemplant, méditatif, notre grand pavois de partenaires flottant au vent.  A peu près 80 % de nos pavillons concernent l’alimentation ! Mais quand on embarque pour 6 mois d’expédition avec une moyenne minimum de 10 personnes à nourrir trois fois par jour, 7 jours sur 7, ça fait du volume : environ 2 tonnes et demie à embarquer, stoker, inventorier, gérer, cuisiner. Et puis lorsque l’on a un remorqueur peu regardant sur son poids, cela n’incite pas non plus à lésiner sur la charge.

Donc :

 Embarquer 2 tonnes et demie de nourriture: c’est ce qui nous a occupé en grande partie les quinze derniers jours précédent notre départ de Bastia.

Stoker 2 tonnes et demie de nourriture, sous toute ses formes : farines, poudres, grains, liquides, gazeuses etc.…C’est relativement simple, on en a dans tous les coffres, sous toutes les banquettes, sous tous les planchers. Du poste avant au coqueron arrière en passant par la salle des machines, aucun recoin n’est épargné.

Inventorier : chaque espace est référencé et porte un doux nom d’oiseau, de crustacé, de navigateur ou d’écrivain de mer ! Le tout est imprimé et scotché sur les parois des cabines. Le coffre le plus « sous terrain » étant nommé Hadès.

Puis tout est consigné dans un grand cahier, les quantités écoulées cochées au fur et à mesure. Rigueur et méthodisme, s’il vous plait.

Gérer : Tâche lourde et ingrate. Ce n’est pas par ce que nous avons deux tonnes et demie de nourriture que nous pouvons en disposer comme bon nous semble. Non, non, non. Judith ayant d’emblée été surnommée par notre premier équipage le « cerbère du cellier ». Je me suis moi-même surnommée par solidarité la « morue du carré » ! Selon l’humeur et la diplomatie dont nous disposons cela donne :

« Bande de soiffards, va falloir se calmer sur la bibine et le rouge »

ou bien

« Chers équipiers, il faudrait envisager de réduire notre consommation d’alcool car à ce rythme nous allons épuiser notre stock avant notre arrivée au Japon ce qui serait à tout point de vue désastreux ! »

Néanmoins, afin de nous épargner ce genre de scènes désagréables et pourtant quasi inévitables, nous procédons, chaque lundi Judith et moi à un petit shopping à bord du Manguier. Ce qui consiste à extraire de chaque coffre les quantités de vivres de bases prévues pour chaque semaine (riz, pâtes, conserves, farines, chocolat, café, thé, miel, confitures, soupe, sucre etc.) Le tout est ensuite entreposé dans deux placards réservés à cet effet, ce qui évite de piocher tout azimut dans les réserves de terrines et de chocolat au détriment des conserves de fond d’artichauts ou de haricots verts. Par exemple.

 (La suite au prochain épisode…)

 

Les « Morues du carré » posent devant un banc de morues séchées sur l’île de Gjeslingen Sör

 

Bancdemorues_cecileZ


Une réflexion sur “Dimanche 5 Juillet, Du côté de la cambuse par Cécile Z.

  1. Très solidaire avec les « morues » du Manguier !!!
    Les remarques d’intendance sont en effet de la plus haute importance.
    Je vous embrasse.
    Françoise

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s