De la pêche et des pêcheurs, par Philippe R.

Pêche au lieu

L’idée de pêcher à partir du « Manguier » et plus généralement de pratiquer une activité halieutique, est une évidence criante, tellement basique que l’on l’avait pas encore rendue opérationnelle ! De fait, les raisons et/ou prétextes étaient variés : la pêche à la traine est difficile et peu efficace, avec une vitesse de 9 nœuds de moyenne cette méthode est contre productive pour un déplacement trop rapide, les poissons ne suivraient pas la cuillère, le petit poisson métallique hameçonné sur son fil. Conclusion : option non retenue pour la raison évoquée plus haut (peut-être à essayer par temps de brouillard, à vitesse réduite).
Il restait à pratiquer la pêche effectuée à partir du navire, au calme, au mouillage. Là aussi de nombreux prétextes (tâches ancillaires et domestiques, fatigue, flemme parfois) et quelques essais infructueux ne permirent pas -ou fort peu- pas de procéder au-delà de véritables tentatives.
A l’escale de Douarnenez, avec Tristan réalisateur-cadreur, nous avons embarqué un vrai pêcheur. Après quelques essais peu satisfaisants au lancer la véritable opportunité s’est présentée à l’escale du fjord de Viga, le site où l’on a rencontré Ingfrid et Ole ces sympathiques norvégiens qui nous ont si bien reçu.
Sur ce lieu Tristan s’est révélé le pêcheur qu’il était, un site remarquable et pittoresque, une petite baie protégée par des collines rocheuses assez abruptes. Avec son lancer Tristan a donc rapidement sorti un gros lieu jaune et deux maquereaux de tailles avantageuses, le lendemain ces derniers ont reçu à bord une invitation en bonne et due forme (en papillote au four et semoule de blé).
Le jour suivant notre départ de ce joli fjord la chance et l’habileté ont été de nouveau favorables à la pêche : un autre gros lieu jaune (il y en a de noirs…) et un plus petit ont été également prélevés au mouillage dans les parages d’un petit archipel, ces poissons également bienvenus ont aussitôt contribué à l’apport protéinique nécessaire et utile à l’équipage.
Encouragé par les succès de Tristan et de son lancer, après concertation ledit équipage s’est mis au travail afin de  restaurer une nasse récupérée quelques jours auparavant sur une plage du wick of Gruting dans l’île de Fetlar située au sud-est de l’archipel des Shetlands.
Cet engin abandonné à l’échouage et un peu abimé mais réutilisable trainait à bord depuis un moment en attente d’un meilleur usage et d’une indispensable réparation. Il est vrai que ce type de pêche avec engin nous était apparu comme allant de soi (une évidence de plus au catalogue). Nous avions déjà remarqué par une observation attentive et intéressée que dans le port de pêche de Killmore dans le sud de l’Irlande on pêchait des araignées et des crabes avec quantité de ces nasses et de là lumineusement déduit que l’on pourrait mettre en œuvre un de ces casiers.
L’appareil étant réparé –quelques planches d’une vieille caisse rajoutées pour le fond initialement un peu ruiné, quelques petites reprises dans le filet, trois grosses pierres pour le lest, une tête de lieu servant d’appât et la nasse était prête pour une immersion en attente de résultat. Ainsi fut fait ce 25 juin vers les 10 heures du soir (en principe, car il fait encore grand jour).
Le lendemain matin trois crabes tourteaux occupaient les lieux, pas suffisamment gros pour remplir tout l’espace mais quand même relativement conséquents pour agrémenter notre salade de midi. On nous avait dit à Bergen (deux marins d’un bateau travaillant pour les pêcheries de saumons) que les fjords étaient poissonneux, leur réputation se trouvait donc confirmée.
En conséquence et à l’unanimité, ayant murement constaté que la pêche était lucrative et pourvoyeuse de nourriture fraiche, il a été décidé que tous les encouragements et les moyens les plus performants et sophistiqués du navire (sic) seraient dorénavant mis à la disposition des pêcheurs du bord et de Tristan tout particulièrement.

Morue

Tourteau


Une réflexion sur “De la pêche et des pêcheurs, par Philippe R.

  1. Ca y est, la Norvège est toujours aussi poissoneuse. En montant vers le Nord et les Lofoten les prises risquent fort de se multiplier.
    Le maelstrom près de Bodo avec ses 28 noeuds de courant est unique pour une pêche rapide et rentable.
    L’endroit est bien sûr très délicat à approcher en bateau.
    Bonne cure de cabillaud arctique et bonne route.
    Patrice resch

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