Avec beaucoup de retard …

… totalement indépendant de notre volonté, je publie ci-après les textes écrits par notre scribe historien … ils reprendront dans quelques jours leur place chronologique dans le blog (ndlecap ! )

13 mai 2009. Pasaia Doribane, Euzkadi, par Philippe R.

Episode où l’équipage du Manguier fait l’ascension du mont
Moxaxilin (312m) et découvre par un sentier pittoresque le port de Pasaia
Doribane.

Le lendemain de notre arrivée à Pasaia le port basque où
nous avons été reçu avec grande amitié et plaisir par l’association Albaola qui
travaille, restaure et étudie le patrimoine maritime ainsi que par les
autorités (la maire était présente) la presse et la télévision locale. Nous
nous décidons pour une découverte terrestre en direction de la mer. En
empruntant le petit chemin littoral qui conduit vers l’étroite sortie de ce
port encaissé entre deux montagnes nous constatons que des aménagements sont en
cours réalisés par des professionnels des travaux acrobatiques qui posent des
filets de protection sur les parois surplombant le goulet d’entrée. Comme il
n’est pas possible de continuer par ce chemin bientôt barré nous bifurquons en
prenant une pente bien raide et suivons au flanc de la montagne un étroit
sentier suspendu. Celui-ci s’achèvera bientôt par une impasse qui nous obligera
à redescendre en traversant un ruisseau courant au fond d‘un vallon. Au même
instant nous empruntons un chemin bétonné à la pente accentuée qui nous conduit
directement au bord de la falaise d’une ligne de crête dominant la mer. De là,
à l’arrivée auprès d’un grand édifice portant feux et signaux, la vue est
superbe ouverte vers le grand large et, vers le sud ouest, la continuité de ce
littoral d’Euzkadi, abrupt, découpé remarquablement couvert de végétation.
Comme le sentier nous y invite, après un peu de repos, nous poursuivons notre
ascension en longeant l’arête et en nous attardant dans une sorte d’abri sous
roche creusé de curieuses fenêtres naturelles ouvrant vers la mer. Jeff le
grimpeur-alpiniste de l’équipe profite du moment pour effectuer quelques
traversées au dessus du vide extérieur et ensuite rentrer par l’une de ces
cavités.

En longeant la ligne de crête on constate que la structure
de la falaise est celle d’une formation géologique de grés volcanique aux
dalles plongeant vers la mer et fortement relevée marquée vers le sud par une
érosion éolienne se traduisant par de nombreux trous et cavités de toutes
tailles et formes créant en cela des figurations tourmentées et bizarres.

De ci delà des bombes volcaniques se découvrent solidement
insérées dans une roche tantôt friable et en décomposition tantôt compacte et
solide. Le sentier est souvent aérien, étroit et tortueux mais la peine est
bien récompensée par l’ouverture visuelle vers l’océan.

L’arête finit par rejoindre un petit plateau planté de pins
qui se poursuit par une pente herbeuse menant vers un petit sommet.

Arrivés au faite de notre ascension nous découvrons quelques
plaques gravées rappelant le souvenir de personnes disparues, les textes
portant les noms sont en euskara, parfois bilingues (en castillan), sur l’une
d’elles un poème qu’on ne peut traduire évoque peut-être les bons moments
passés sur ces montagnes littorales.

Le sommet atteint est identifiable par une inscription
gravée sur un rocher, celle-ci nous apprend que nous sommes sur le mont
Moxaxilin et qu’il culmine triomphalement à une hauteur de 312 m. Nous nous
attardons quelque peu en regardant le paysage s’ouvrant vers le sud et l’est,
vers le port et ce que nous ne voyions pas étant au poste d’amarrage près de
l’entrée. On découvre avec un certain étonnement que Pasaia Donibane est
finalement un assez grand port marchand et industriel, pourvu de chantiers
navals, postes de déchargement pour l’industrie métallurgique inséré dans un
environnement urbain développé comme paraissent le démontrer de nombreux
immeubles récents (années 60-70 du XXe s.) s’étendant vers le sud et l’ouest.
De fait, Pasaia avec plusieurs quartiers s’inscrit dans une grande conurbation
en liaison avec San Sebastian.

Nous redescendons sur le flanc sud et rejoignons une route
après un bref passage dans un petit bois planté d’érables, de chênes, de
châtaigniers et de pins noirs. Cette portion de route nous conduit sur un
ressaut où se dresse un ancien fort surplombant le port. Cette position est
relativement récente, c’est ce que nous apprend un panneau bilingue, puisque
elle fut édifiée par les Anglais (un certain général John Taylor) pendant les
guerres carlistes qui marquèrent les difficiles périodes de succession du XIXe
siècle.

Arrivés à l’extrémité du plateau le sentier suit en courts
lacets une pente accentuée et finalement assez raide. Si la descente est assez
pénible pour les articulations on peut aisément imaginer ce qui peut en être
pour le souffle à la montée.

C’est ainsi que s’acheva cette promenade de la journée du 14
mai.

 

Où l’on se livre à des considérations sur le port de
Pasaia Donibane

 

Comme nous l’avions dit dans notre précédent épisode nous
avons été surpris depuis notre hauteur (le mont Moxaxilin) par l’importance de
ce port que nous avions dans un premier temps considéré comme modeste du fait
de notre regard limité au goulet d’entrée où notre navire se trouve embossé.

Il est vrai que lorsque nous sommes arrivés toute notre attention
s’était portée vers la réception à préparer pour la visite du public et des
autorités accueillantes. De ce fait nos facultés d’observations étaient
forcément restreintes. Au cours des conversations qui suivirent l’accueil des
invités et hôtes on apprit que le port était en déclin en rapport avec ce qu’il
avait pu être auparavant. Et qu’il y avait un projet pour la création -ex
nihilo- d’une nouvelle infrastructure, ce qui, au dire de Xavi (le président
d’Albaola, l’association du patrimoine maritime) n’était pas justifiée si ce
n’est par des considérations financières peu soucieuses de préservation
environnementale et de bonne gestion de l’existant.

Par comparaison mais aussi avec une vision limitée,
subjective et extrêmement partielle nous avons cependant remarqué pendant ces
quelques jours -étant placé dans l’unique chenal d’accès- que le trafic était
tout de même assez important. De nombreux chalutiers, dont certains venant de
la Gascogne voisine, des cargos, de toutes tailles, empruntaient le couloir
d’accès aux postes de déchargement. De même, plusieurs fois nous vîmes de gros
transports (environ 6 m de tirant d’eau) embouquer la passe aidés d’une
pilotine et de remorqueurs pour rejoindre leurs quais d’accueil.

Ces observations, partielles, comme nous l’avons dit puisque
basées sur un bref séjour ne permettent pas bien sûr une analyse mais peuvent
donner une idée sur une activité portuaire qui nous paraît avoir une certaine
vitalité surtout par rapport avec ce que l’on peut voir dans les ports français.

 

 


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