De Gythion à Cythère

De Gythion à Mistra

Ayant poursuivi notre glorieux
périple, nous arrivons après une prompte et heureuse navigation à Gythion, petite ville située
presque au fond du golfe de Laconie. Les maisons de la vieille ville et de
nombreux restaurants sont placés au pied d’une colline assez haute, couverte de
maquis et de pins, et font face au port. Suite à un parc
arboré, l’agglomération s’étend vers le nord où se situe plutôt le centre actif
et commercial. Dans le sud du port, il y a une petite presqu’île couverte de
pins avec une tour vénitienne (un petit musée y est abrité mais celui-ci est
fermé malgré un panneau indiquant une ouverture permanente, tant pis). En
bordure, un phare assez élevé indique le bon port. La tradition de l’Iliade dit
que Paris et Hélène ont passé leur première nuit dans cette île, à l’époque …

Comme nous restons quelques jours
en ce lieu, nous décidons de nous rendre à
Sparte, fameuse cité de l’Antiquité, s’il en est une en Grèce.

Le voyage en bus (43 km) se fait
dans un paysage collinaire arboré de pins et d’oliviers et on découvre sur
notre gauche le puissant massif du Taygète (Taygetos).

La Sparte contemporaine ne
présente aucun caractère antique, nous apprendrons que les ruines en fait se
situent au nord de la ville, mais nous ne les verrons pas.

Le voyage à Mystras tour à tour cité byzantine, franque,
turque peut se faire à pied, justement jusqu’au pied
du Taygète par un sentier (c’est ce qui est indiqué dans le Guide Vert).
Effectivement, si l’on commence par du goudron, nous trouvons le sentier qui suit
une petite rivière mais disparaît rapidement emporté par endroit par le torrent
et finalement le chemin est arrêté par un grillage.

Un peu dépités, mais réconfortés
par des oranges et d’excellentes grenades, nous poursuivons sur environ cinq
kilomètres par la route bitumée qui ne présente que peu d’intérêt.

Arrivés à Mystras, la
petite agglomération moderne au pied de la montagne, il faut encore continuer
environ un kilomètre pour enfin parvenir sur la pente de ce fameux site.

La ville ruinée mais aussi en
partie restaurée s’étage sur trois niveaux, des habitats les plus humbles à ceux de l’aristocratie,
naturellement au plus haut.

La ville basse, cernée de
remparts, serrait en fait l’activité économique, celle produite par les
artisans, les commerçants et les exploitants des terres agricoles de la plaine
spartiate. Au niveau supérieur, les notables, l’administration byzantine (!),
le clergé avec de nombreuses Églises et monastères ornés de fresques et
peintures. A ce niveau également le palais du gouverneur, une belle et grande
bâtisse à plusieurs ailes de différentes
périodes, en cours de restauration.

Enfin, au plus haut, couronnant
la montagne, une citadelle s’élève avec orgueil au dessus du paysage. Naturellement
comme nous souhaitons accéder au pinacle, d’un bon pas nous poursuivons
l’ascension sur un sentier pierreux mais agréable.

Si la forteresse est assez
sommaire dans son agencement, la vue est remarquable, portant au dessus de la
vieille cité, au delà de la plaine dans le lointain
montagneux et au plus près vers la ville moderne de Sparte, les vergers
d’orangers et d’oliviers. Dans l’ouest, et tout proche, le massif du Taygète,
creusé de profonds vallons avec son sommet culminant…

Le retour à Gythion se fait comme à l’aller en bus, de nuit, elle tombe un
peu vite en cette saison et ça ne va pas s’améliorer avant longtemps…

Après ces quelques jours coupés
de pluie, de vent, et de soleil aussi, nous repartons pour de nouvelles
aventures et tournons la proue vers le large.

Débarquer à Cythère
?

La voie pour se rendre à l’antique Cythère (Siotera
d’après Ptolémée) est assez simple, on fait route avec en tête la version de
Watteau.

La mer est plate, le soleil
brille, on nage sur l’idée. En fait, les dieux en ont décidé autrement. Vers la
sortie du golfe laconien, une ligne blanche se rapprochant paraît indiquer
l’entrée du vent et voilà ça y est, ça commence à danser.

Mais les dieux sont bien bons
(jusqu’à un certain point), ils nous
concèdent un vent assez favorable qui nous accompagne sans trop de roulis jusqu’à l’île rêvée.

Assez haute et plutôt pelée,
l’île dédiée à Aphrodite s’éloigne peu à peu de l’idée picturale et ne semble
plus trop favorable à ceux qui vont sur la mer.

De fait, peu éloignée du (petit)
port principal, celui qui accueille les ferries, la proue d’un gros cargo
émerge sur un récif des vagues qui l’assaillent. Nous passons à quelques encablures en songeant au
sort funeste de ce gros navire qui a terminé sa course sur ce rocher noir battu
des flots. L’image est assez forte, d’autant que le jour est avancé, le ciel
chargé de nuages gris, et la mer assez agitée.

Finalement nous doublons les
îlots d’Anti-Dragonera et de Dragonera qui ressemblent un peu ce qu’ils sont
(des dragons noirs ?) pour parvenir à la
fin du jour dans le sud de l’île au pied d’une haute falaise couronnée d’une
citadelle vénitienne plutôt impressionnante par sa situation au dessus d’un
petit port, assez sommaire comme bien souvent en ces contrées. Nous mettons au
mouillage et attendons le lendemain pour tenter un amarrage sur le petit môle
faisant fonction d’accueil. L’opération est menée à
bien, mais à peine mis le pied à terre, le capitaine décide
finalement de ne pas rester en raison d’un ressac assez fort, de la montée du
vent et de l’agitation de la mer.

Nous quittons Cythère sous les
malédictions (la pluie, le vent, les grains se succèdent).

En route vers le cap Maléas, sous
le vent de l’île, faisant le chemin inverse de la veille, nous croisons un
étrange convoi formé d’un remorqueur tirant un vieux gros chalutier accusant
une gîte accentuée sur tribord.

De temps en temps, le chalutier
part en travers et le remorqueur raidit l’amarre de tirage en poursuivant
péniblement sa route assez près des bords escarpés de l’île. Quelle sera la
destinée de ce navire qui parait bien se comporter comme un condamné conduit
vers un sort funeste ?

Décidément en ce mois de
novembre, Cythère ne se présente pas sous les traits de la souriante Aphrodite.
Une autre fois sans doute, avec une mer calme, sous le soleil d’Apollon…

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s