Patience et longueur de temps, par Patrick G.-L.

Comme vous l’avez certainement lu dans un billet précédent, le temps est suspendu au Groenland.
Plus de vols intérieurs (je n’ai pas d’infos sur les vols Copenhague-Kangerlussuaq).
En effet, un train dépressionnaire remonte le détroit de Davis – entre le Groenland et le Canada – et engendre des vents très forts clouant au sol tout avion.
A bord du Manguier, le temps est long depuis deux jours et cela risque de continuer encore une journée.
Nous attendons l’équipe de quatre artistes qui piaffe d’impatience à l’hôtel de l’aéroport international de Kangerlussuaq.
Nous tâchons de nous occuper sainement.
Certain confectionne des canistrelli, certaine les grignote à qui mieux-mieux au risque de prendre du poids.
On accroche un cadre d’une maintenant renommée photographe (Camille MICHEL) ayant séjourné sur le Manguier.
On fend du bois, on nettoie tout ce qui passe à portée de torchon.
Et puis aussi on lit, on somnole en écoutant le vent siffler dans les structures.
On révise son vocabulaire groenlandais, aidé en cela par un dictionnaire triple, anglais, groenlandais et danois offert à Philippe par une amie du village.
Et dehors, le blizzard tourmente le paysage, déplace les luges, insinue la neige dans les coursives.

Peut-être demain les artistes seront-ils arrivés à Aasiaat.
Peut-être demain sera-t-il possible de les récupérer par motoneige, voire même par bateau, car les forts vents du sud ont sérieusement fait bouger les lignes de la banquise.
Immaqa … «Peut-être» en groenlandais.


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