Départ, arrivée et imprévus, ou la sagesse de l’Immaqa, par Phil le marin

Ceux qui suivent ces lignes savent bien ce que le mot Immaqa veut dire en groenlandais. Peut être … c’est un mot qui ponctue allez disons 8 phrases sur 10 au Groenland. Un mot qui nous fait sourire, qui parfois nous énerve un peu aussi … c’est toujours immaqa … Et pourtant, n’ y a t il pas dans ce mot la plus grande des sagesses ?

Dans nos sociétés occidentales, nous sommes habitués, conditionnés même je dirai, à planifier les choses et en premier lieu l’avenir. Cette longue habitude s’est tellement ancrée dans notre culture que nous en avons tiré une certaine prétention, pour ne pas dire arrogance. Ici, les choses sont complètement différentes: on a en permanence la notion que tout est relatif, éventuel, provisoire, éphémère. C’est souvent difficile à accepter, mais c’est une belle leçon d’humilité.

Hier 1er avril, nous avons pu descendre avec Aqalu, le super Aqalu, toujours prêt à donner la main et à aller chercher où à amener les uns et les autres. Départ le matin tôt pour profiter de la glace durcie par les -12°C de la nuit. Trajet rapide, à deux moto-neiges. A l’arrivée, je glisse dans la poche d’Aqalu un petit billet de 50 €, en plus du tarif habituel (500 couronnes). C’est que la veille, Aqalu Hanne et Tuperna nous ont annoncé avec un sourire qu’ils seraient à Paris 2 jours en juin !!! Génial ! J’enverrai plus de détails pour les artistes parisiens qui pourraient les piloter dans un Paris moins touristique que la Tour Eiffel (même si ça vaut le coup, soyons d’accord !).

Mais en fin de journée, il faisait déjà -4°C, et il devenait plus qu’hypothétique de penser pouvoir ramener les artistes le lendemain.

De fait aujourd’hui, tous les vols entre Kangerlussuaq et les autres villes du Groenland ont été annulés. Nos valeureux artistes vont goûter aux charmes de Kangerlussuaq by night, aux frais d’Air Greenland (un Airbus entier, on comprend que les billets soient chers …). Pluie verglaçante. A l’heure où j’écris ces lignes, il pleut sur Aasiaat …

Demain 45 noeuds de vent permettront ils à l’avion de venir de Kangerlussuaq ? Et de nous y ramener pour prendre notre vol pour Copenhague ? Immaqa !

Ici, la Nature règne en maître, et c’est tant mieux !

Les beaux gosses d’Aasiaat ! Avec l’ami Peter
Katanguaq, le bateau de Peter, pris dans les glaces du port d’Aasiaat

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