Printemps, top chrono, par CZH

Argo Bay, 2 juin 2014

Ici les choses, tu les attends pendant des mois et puis quand ça arrive, il faut saisir ta chance au vol, très vite, sans quoi c'est raté, c'est fini, c'est passé.

La période de la chasse à l'oie est déjà terminée. Du moins, celle qui correspond au passage et rassemblement en grand troupeau, où tu les chasses par dizaine en les appelant. Naïvement, je pensais que cela durerait des mois et ça n'a pris que 15 jours, 3 semaines tout au plus ! Les oies se sont dispersées, gagnant probablement leur lieu de nidification. Ici personne ne lambine. C'est vrai qu'à peine arrivé, il faut, en un temps record : séduire, parader, s'accoupler, faire son nid, pondre son œuf, couver, changer de plume, protéger et nourrir le petit, lui apprendre à voler et…repartir.

Le va et vient des motoneiges dans Argo Bay a cessé aussi subitement qu'il avait commencé. Peut-être cela tient-il à l'état de la piste, difficilement praticable sous toute cette eau. Encore que c'est pas sûr que cela les arrête vraiment. À mon avis, c'est plutôt que les oies sont déjà ailleurs et que les caribous ont dû arriver de l'autre côté. La semaine dernière, Philippe et moi sommes allés à pied au camp de Fred Matthews, nous l'avons trouvé désert. Tout le monde reparti, incroyable ! Il ne désemplissait pas depuis 3 semaines, à toute heure du jour. Et soudain, plus personne ! Toutes leurs affaires amoncelées devant les tentes indiquent qu'ils reviendront. Certainement pour la saison de pêche, un peu plus tard. D'ici la fin du mois, l'ouverture des glaces devrait permettre de circuler avec un petit bateau. Il y aura du monde sur Egg Island, la petite île qui ferme Argo Bay.

À vrai dire, on ne peut s'empêcher d'avoir le sentiment de rester sur notre faim d'oies. On nous en avait tellement parlé comme d'une manne inépuisable tombant du ciel. Tout le monde nous avait promis de nous en apporter…Je me voyais déjà saturée de plumes et de graisse ! Pour l'instant il y en a eu deux, juste de quoi nous mettre en appétit ! Enfin, ne désespérons pas.

On se rabat sur l'observation des oiseaux et canards qui arrivent par centaines Et la toundra qui se met à fleurir ! Pas le temps d'arriver au bas de la page qu'il faut déjà la tourner !

Ce matin on rajoute au programme la fabrication d'un radeau (fût de plastique, tubes, caillebotis, le Manguier regorge de ce genre de matériaux) qui complètera à merveille avec nos vieilles combinaisons de survie notre panoplie du parfait petit débâcleur et nous permettre de patauger avec joie et allégresse dans la rivière et ses alentours.

Marcher sur l'eau


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