25 septembre 2013, Paysage d’ici par CZH

C’était la journée
à ne pas manquer. Une de ces journées où tu abandonnes tout travail en cours et
où tu pars te promener parce que le soleil est trop clair, parce que l’azur est
trop limpide, parce que les collines sont trop brillantes.

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On décide de rendre
visite aux gars du camp de Fred Mathews, celui que l’on a nettoyé il y a trois
semaines. Peut être sont-ils encore là ?  Partis samedi, ils nous ont dit qu’ils y seraient pour la
semaine. Mais sait-on jamais… Ils pérégrinent ici au rythme du caribou et des
intempéries. Le camp est situé à un peu plus de trois miles d’Argo Bay.
Aller-retour : une quinzaine de km, c’est jouable dans la journée.

On remplit un sac
de provisions, on se bâche et c’est parti. Les herbes sont toutes gainées de
givre ce matin et les flaques se craquèlent sous nos bottes. On monte dans les
collines pour franchir un petit col qui redescend sur le lac au bout duquel
sont construites les cabanes. Lorsque l’on prend un peu d’altitude, le paysage qui
apparaît est vertigineux de solitude.

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Aussi loin que
porte le regard, ce ne sont que collines et plans d’eau. La terre ressemble à
un immense gruyère, alvéolé de lacs. L’eau sourd du permafrost nous a dit Ray
Ruben l’autre jour.

A nos pieds git une
crotte d’ours fumante de fraicheur. Rusty s’y roule en une spirale quasi
parfaite. Je m’interroge sur la stratégie animale d’un tel savonnage… Du coup
on fait aussi un tour d’horizon aux jumelles… les grizzlis ne s’enterreront que
dans un mois. Pour l’instant, seuls les petits spermophiles (genre de minis
chiens de prairie arctiques) sifflent du haut de leur terrier.

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Le sol est un
mélange de sable et de tourbe très dense qui forme des mottes rondes plus ou
moins larges, un peu pénible pour les chevilles. On imagine le paysage
lorsqu’il sera recouvert de neige et l’on repère les valons pour faire de la
luge. Philippe encourage Agathe en lui décrivant son prochain stratagème pour
atteler Rusty.

Les haltes sont
accompagnées de nougatines de noisettes. La version ratée (néanmoins
délicieuse) de la praline.

A notre arrivée, le
camp est désert. Les chasseurs nomadisent quelque part plus au sud sur les
traces des caribous. Ce sera pour une prochaine fois. Le temps d’une bonne
pause pique-nique où l’on fait le plein de soleil et d’énergie et l’on repart.

Tiens, il y a une
tâche sombre au loin, là-bas. Ah oui, c’est bien ça. Un gros ours. On
s’observe, jumelles et narines dilatées de part et d’autre, puis chacun
poursuit son chemin.


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