Escale à Kaktovik, par CZH

Vue de la mer, on aperçoit le globe blanc d'une grosse antenne, une long talus hérissé de  poteaux et de hautes palissades de bois dont on déduit qu'elles doivent servir à retenir la neige les 9 mois de l'année où elle recouvre le sol. Pour l'heure, on accoste dans l'herbe, les linaigrettes déploient leur plumet blanc, et comme brodées en points serrés les fleurs s'épanouissent au ras du sol, minuscules corolles jaunes, roses, calices bleu.

Puis on aborde le village disséminé dans la toundra (nous avons courageusement dédaigné nos moustiquettes, histoire de jouer aux peaux dures auprès des autochtones et nous nous administrons donc mutuellement de larges baffes). L'habitat construit de bric et de broc surnage dans un micmac de bric-à-brac où visiblement la conception de la maison coquette n'est absolument pas en vigueur dans ces contrées. On a plutôt l'impression d'un campement rigidifié, régit par une logique de nomades. La maison ici n'est qu'un abri temporaire qui va qui vient, l'important c'est dehors, la nature, les animaux. Ici on ne s'approvisionne pas au drugstore, on part en terre-mer , d'un côté il y a les caribous, les ours, les loups, les gloutons, les porc-épics , de l'autre les poissons, les phoques, les baleines. La chair nourrit, la graisse chauffe, la fourrure habille.

Nous dénichons tout de même un bâtiment qui fait office d'auberge où l'on sert du café, " plein d'internet et de bonne odeur de frites graisseuses " annonce Agathe toute réjouie. Munis de nos divers avatars électroniques, nous faisons quelques tentatives, puis lassés par la connexion bas débit et harassés par le chauffage haut débit, nous repartons arpenter le village. Retour de pêche, ou retour de chasse, on assiste au dépeçage des phoques et des caribous. Spontanément et gentiment, on nous  montre, on nous explique les gestes à faire, à ne pas faire. La peau à enlever comme ceci, les viscères à enlever comme cela. Au bout de quelques instant on nous pose quelques questions : D'où venez-vous ? Où allez-vous ? On nous souhaite la bienvenue.

Au fait, vous venez de France ? Il y a eu deux français qui sont venus récemment, une fille et un garçon, Zoé et Victor. Lui, il dessinait, il nous a même laissé un dessin !


2 réflexions sur “Escale à Kaktovik, par CZH

  1. hey hey ! Salut à vous, quelle chance avez vous d’être à Kaktovik! Passez un grand bonjour par là-bas de notre part!
    Bises! Zoé et Victor

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