En l’île d’Afognak, de l’ours dans le ventre, par Karin H.

Afognak, extension nord de Kodiak, notre programme pour 3 jours. Une petite demi-journée de navigation tout dessus, à travers Marmot Bay, le soleil chauffant le paysage, et nous voici dans l'anse de Kitoi.

Entre les spruces, une écloserie de saumons y est nichée, quelques bâtiments verts, plus des bacs et goulottes en métal. Et des ours qui baguenaudent, dans la forêt profonde et sur les allées, comme chiens familiers à ce qu'il semble à la jumelle. Nous abordons au ponton, le directeur accepte de bonne grâce de nous montrer les bassins aux alevins, les incubateurs à œufs, les échelles à saumons… mais, il faut le dire, cette leçon-là nous passionne moins que la vision très proche de trois ours occupés à pêcher à l'embouchure du ruisseau qui jouxte les bacs de l'écloserie. On leur voit le blanc de l'œil quand ils nous regardent en coin, l'air de rien, genre "Qui c'est-y-donc, ceux-là" ?

Le directeur, un colosse au gracieux visage, travaille ici depuis douze ans. "Je suis chasseur, je chasse le cerf, mais, vivant ici en bon voisinage avec les ours, je me refuse à en tuer. L'an dernier, j'ai enfreint ma résolution, je suis allé dans la montagne, j'en ai tiré un. Le lendemain, un ours attaquait mon pote."

Oups ! Pour notre part, nous sommes en train de digérer de la viande d'ours. Joël nous en a apporté une marmite hier. Préparée en boulettes et en sauce. Ce festin, pour honorer l'arrivée de Corse de 6 Mangonautes frais. Et ce midi, nous avons mangé le reste avec des spaghetti.


3 réflexions sur “En l’île d’Afognak, de l’ours dans le ventre, par Karin H.

  1. Je tiens à préciser que les 3 ours évoqués poétiquement par Karin sont des ours bruns de l’espèce GRIZZLY, plus précisément GRIZZLY de KODIAK, c’est à dire le plus gros du monde. Et donc, si j’ai bien compris, le plus gros carnassiers terrestre vivant de nos jours.
    Ceux que nous avons longuement observés étaient des jeunots (3 ans environ, 250 pounds, et des griffes longues chacune d’environ 10 cm …).
    D’après le gracieux colosse qui a donné tous les chiffres à Karin, le GRIZZLY Kodiakien adulte peut largement peser 1350 pounds tout mouillé (soit environ 700 kilos), sans compter le volume de sa précieuse fourrure …
    Et lorsque, comme moi, on se retrouve nez à museau avec l’un des 3 jeunots tapi dans l’ombre derrière un batiment de l’écloserie, et que l’on a en mains son appareil photo au lieu du fusil ou du Bear Spray, on fait pas le fanfaron !!!!

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  2. Concernant la viande d’ours, Martine, qui tient un beau Coffee Shop Restaurant à Kodiak avec Joel, dit préférer celle du Black Bear à celle du Grizzly. Martine dit que la viande du Grizzly est filandreuse, et que ses fibres musculaires ressemblent à des pailles, alors que celle du Black Bear est exquise.
    Mais le Black Bear vit plus au sud, au Canada et aux States.
    A Kodiak, c’est du Grizzly ou rien.
    Alors c’est ça que Joel, ex meilleur ouvrier chef cuistot de France, nous a fait en boulettes.
    Elles étaient brunes, comme la bestiasse d’origine, très gouteuses, comme la viandasse d’un bon gibier, et bien sur parfaitement mijotées et ensaucées par notre cordon bleu.
    Sauf que y avait pas que du Grizzly dans les boulettes, mais je ne trahirais pas, bien sur, le secret de cuisine que m’a confie le malicieux Joel …
    En tous cas, accompagnées par un Magnum de Chianti bien charpenté, les boulettes ont enchanté les heureux Mangonautes, et bien rempli leurs panses !

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  3. Les Mangonautes, vous êtes courageux.
    J’espère que dans les boulettes de grizzly il n’y avait pas aussi qqs larves de trichinella spiralis.
    Surveillez bien la fièvre et les douleurs musculaires.
    Apparemment, elles avaient été bien cuites donc peu de risques.
    Patrick

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