Nous quittons Skinoussa pour nous rendre à Paros, île célèbre pour ses marbres exportés dans tout le monde antique. Nous doublons l’île par l’ouest, en raison d’une mer pas très bonne et, disons le, un peu agitée. Pour cela nous empruntons un passage relativement étroit entre Anti-Paros et Paros Ce chenal est d’une navigation un peu délicate en raison du faible fond en certains endroits (environ 4 m), ce qui nous oblige à faire route avec une certaine attention, du moins avec un peu plus d’attention. Tout se passe bien et nous prenons quai sur un môle. Le stationnement est un peu remuant en raison du ressac mais bon, cela ira pour la nuit. Comme nous sommes arrivés en début d’après-midi à bon port, nous profitons du moment pour aller visiter le musée archéologique et, comme on est dimanche, l’entrée est gratuite. Beau musée avec nombre de sculptures de marbre, de chapiteaux et d’autres éléments d’architecture. On apprend que beaucoup d’objets ont été trouvés sur le site même de la ville.
Comme nous sommes en manque de gyros, on réussit à en trouver un d’ouvert -comme de coutume la plupart des commerces sont fermés- et on déguste nos gyros en toute quiétude sur une terrasses fermée mais au soleil. Efkaristo !
On va ensuite faire une virée en ville dans la soirée, celle-ci se révèle un véritable labyrinthe de petites rues et de venelles étroites, on a un peu de mal à se retrouver… Un peu plus tard, poursuivant en solitaire la visite, je cherche pendant un moment une tour vue par Marie-Paule et Julien, qui parait plutôt originale dans sa construction. Au bout d’un temps, après le début d’une quête infructueuse mais pleine d’inattendus dans les tours et les détours effectués (le labyrinthe complexe…), je parviens enfin devant l’édifice recherché. Effectivement, il s’agit d’une tour insérée dans le dispositif de défense de la ville: le kastro. Construit en 1260 par le duc de Naxos, un vénitien, ce gouverneur, bénéficiant des conquêtes des Croisés sur l’empire byzantin, fit utiliser nombre d’éléments provenant des édifices antiques qui parsemaient la ville. Ainsi, une grande quantité de tambours de colonnes et autres bases de construction -souvent de grandes dimensions- ont été utilisées dans le montage de ce puzzle disparate et vertical.
On précisera également que les matériaux ainsi réutilisés sont pour la plupart de ce beau marbre réputé.
Le lendemain, nous repartons tôt, car la route est assez longue, pour rejoindre Poros (environ 80 milles). La journée de navigation est assez longue et plutôt fraîche, du moins la température. Nous parvenons cependant sur les lieux comme prévu vers 16 heures. Nous ne retrouvons pas la place que nous avions occupée trois semaines auparavant, mais nous pouvons nous installer très honorablement sur un quai disponible un peu au-delà.
A Poros, la plupart des boutiques et des bars sont ouverts, sans doute l’effet veille du premier jour de l’an à venir. Par contre, le temps et la température sont proches de ce que nous avions connu quelques semaines auparavant, frais et humide avec un plafond nuageux bien marqué et, en prime, quelques pluies qui dessalent le bateau.
Avec quelques courses d’avitaillement pour compléter la cambuse et une balade dans la ville, nous nous préparons puis dégustons un repas de réveillon fort correct et tout aussi honorable. En fait, à la suite, de ces agapes, nous sommes tous un peu fatigués et nous ne tardons pas à aller rejoindre nos banettes pour un sommeil volontiers réparateur et finalement bien mérité.
Le lendemain, en fin de matinée, premier jour de l’année huitième du 3e millénaire, nous faisons route vers l’île d’Egina (Aegitna) dans le golfe de Saronique.
Une petite escale au mouillage tout près de la petite île de Moni nous permet de prendre le repas de milieu de journée et nous rejoignons ensuite le petit port de Perdika pour passer la nuit. Le site est plutôt très calme, comme souvent. Nous y avions fait escale avec le Tiaré il y a dix ans, en revenant de Marmaris. La nuit, le vent au NO se lève et il faut renforcer l’amarrage vers 2 heures du matin, mais personnellement bien endormi je n’entendrai rien, Philippe et Jean-Philippe ayant accompli tous deux et en toute discrétion une manœuvre efficace.
Nous repartons le lendemain, avec toujours ce vent de NO assez fort mais avec le vent arrière vers l’E puis le N pour rejoindre le petit port d’Agia Marina que nous atteignons avec célérité en ayant longé une côte assez élevée.
Nous pensions à un mouillage dans la baie mais le quai étant disponible et suffisamment en eau, nous nous amarrons.
De ce petit port, une demi-heure d’un chemin plutôt raide permet d’accéder au sommet de la colline sur laquelle se trouve le temple d’Aphea, un beau monument dorique du début du Ve siècle av. J.C. consacré à cette divinité topique (locale).
Aphea fut ensuite confondue avec Athéna.
La visite du site est très intéressante et la vue sur le golfe d’Athènes superbe. Le temps, il est vrai, nous est favorable malgré une certaine fraîcheur.
A la suite, nous décidons d’aller faire un tour à Egine, la capitale de l’île. Nous commençons à marcher à pied le long de la route en coupant un peu à travers une agréable forêt de pins, puis nous attendons le bus à un arrêt. Celui-ci nous conduit en ville dans un voyage pittoresque, avec pas mal de monde à bord, dont un chargement de moines venus du monastère d’Agios Nektarios. De plus, on ne nous vend pas de billets de transport, ni à la montée, ni à l’arrivée, bon…
Comme on en avait bien envie, on fait une halte dans une taberna en bordure de port, et de cela s’ensuit un bon repas de calamars, poissons frits, poulpes et autres spécialités locales. Pour parachever notre court séjour gastronomique, on s’avitaille en pistaches, la spécialité de l’île.
Le retour se fait également dans un bus, très bruyant mais sympa, avec banquettes en bois, cette fois on paye le trajet…
En arrivant au bateau, on assiste de loin à une chasse aux dauphins (à la jumelle), un caïque va à la rencontre de quatre cétacés qui venaient sans doute se servir dans les filets. Un pêcheur à l’avant leur tire des coups de fusils. Il ne semble pas toutefois qu’il y ait des victimes car les dauphins poursuivent leur petit jeu de sauts pendant un bon moment, changeant volontiers de direction alors que le caïque les pourchasse. Ils finissent par disparaître vers le large et les pêcheurs de relever leurs filets.

