24 décembre 2007

« Quant au marin, il veut que sa tombe soit au bord de la mer,
Pour écouter l’haleine de la mer et le tumulte du vent,
Pour écouter aussi ses compagnons qui lancent des oh hisse et oh »

Vingt-quatre heures pour toujours, Odysseus Elytis

Aujourd’hui, je me suis réveillé avec le sifflement des phoques. Dans un ciel pur d’hiver et une aurore aux doigts de rose. Le Manguier semblait flotter dans les airs, sur une mer plate et lisse, à peine troublée par quelque ondulation lointaine.

Aujourd’hui, j’ai bu plusieurs tasses de thé brûlant, assis à l’arrière du bateau, en regardant, fasciné, les ébats de ces phoques. Quatre au moins, des noirs et des gris.

Aujourd’hui, comme sur un lac, j’ai traversé le bras de mer qui sépare l’île de Poliagos de celle de Folégandros. J’ai déposé mes amis sur un rocher au pied du village, en mettant le nez du remorqueur contre la falaise, pour qu’ils aillent chercher du pain, j’ai accosté dans un tout petit port où venait d’arriver le ferry, cordon ombilical de toutes ces îles.

Aujourd’hui en plein soleil, j’ai bu de l’ouzo en petite chemise, mangé du pain frais avec de la féta, des olives, du tarama et plein de bonnes choses, comme des calissons. Après avoir bu le café, j’ai marché dans l’île de Folégandros avec Cécile et Philippe, et j’ai rassasié mes yeux de points de vue plus beaux les uns que les autres. J’ai marché jusqu’au sommet d’un petit mont. J’ai vu des murets de pierre creusés de niches, où des amphores servent de ruches aux abeilles. J’ai pensé que les deux seules espèces animales qui marchent encore en Grèce sont la chèvre et le touriste. Et que c’est pour cela que les Grecs appellent les touristes katziki !

Aujourd’hui, le soleil a disparu dans un voile de stratus avant de se coucher.

Aujourd’hui, la nuit est tombée à 17h15, et j’ai essayé sans succès d’attraper des seiches avec ma canne à pêche.

Aujourd’hui, c’était le 24 décembre 2007, une belle journée.


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