Le vent du sud n’arrête pas de souffler depuis une semaine, rarement moins de 25 nœuds, souvent beaucoup plus. Deux cargos sont venus mouiller en rade, attendant une amélioration avant de passer Matapan j’imagine. Monemvassia a beau être une superbe escale, on a envie de bouger. Et de beau temps.
Un rapide coup d’œil sur le site de météo grecque (http://www.poseidon.ncmr.gr/weather_forecast.html, si vous voulez en savoir plus sur nos conditions météos) me fait entrapercevoir une petite fenêtre : le vent va basculer au nord, et forcir, mais entre temps, ça devrait passer. Milos est à 60 milles, environ 7 heures de route. Allez les p’tits loups, on range tout et on largue les amarres. C’était sans compter sur le passage aux Cost Guard, où il faut que j’aille faire viser notre carnet de libre pratique, document complètement anachronique dans l’Europe d’aujourd’hui, mais qui semble encore en vogue en Grèce. Sans doute un héritage du régime des colonels… ça s’envenime quand même un peu cette fois-ci, et je ne suis pas mécontent de démarrer la machine et de quitter cet endroit !
Traversée somme toute tranquille, petit reste de houle de SW, et vent faible. A midi, ouzo et mezzé, l’ordinaire du bord quand on est en mer ! Magnifique coucher de soleil sur Sifnos en arrivant à l’ouvert de la baie d’Adamas où nous accostons de nuit au quai.
Hélas, nous ne sommes pas là depuis une heure que Hello, Captain, les Cost Guards nous demandent les papiers ! Heureusement, ceux-la sont sympas, et nous conseillent d’aller mouiller en rade : c’est gratuit, et pas besoin de faire les papiers ( ! ). Nous ne nous faisons pas prier, d’autant que la baie d’Adamas est l’une des mieux protégées des Cyclades …
Une journée à Pollonia, Milos, par Ph. Hercher
Réveil matinal aujourd’hui, bien avant l’aurore … c’est qu’il n’y a qu’un seul bus pour Pollonia, et il est à 6h45 … c’est en fait le bus de ramassage scolaire, qui doit être de retour à 8 h.
Il fait bien frisquet depuis que le vent est remonté au nord, et plus encore car il souffle encore fort. Le mouillage est très bien abrité, mais je n’aime pas quitter le bateau dans ces conditions. Personne à bord par vent fort, c’est pas très marin ! Mais c’est le problème d’être une petite équipe. J’essaye donc de me rassurer en laissant filer dans un grand fracas 10 mètres de chaîne supplémentaires. 60 mètres pour 7 mètres d’eau, ça peut souffler quand même !!!
Tout le monde dans l’annexe, le jour commence à dessiner les contours. Il fait gris, beaucoup de vent, génial quoi. Le bus arrive et nous sommes trop heureux de nous y engouffrer, bien au chaud. Quelques rares grecs nous accompagnent, regardant d’un air mi interrogateur, mi charitable ces pôvres touristes perdus hors saison …
Une petite demi-heure plus tard, la voix implacable du chauffeur nous rappelle que nous sommes arrivés à destination. Dehors, la pluie s’est mise à tomber. De mieux en mieux. Après le bus, c’est dans le café que nous nous engouffrons, heureusement ouvert. Quelques quarts d’heures passent, le hellenico gliko était bon, mais, faut y aller !
Nous longeons la côte vers l’est, en direction d’une pointe qui semble avoir été exploitée comme mine. Le temps s’arrange, et quelques rayons de soleil font leur apparition. L’île est toute verte, c’est un spectacle assez surprenant pour les Cyclades. La végétation est bien méditerranéenne, buissons de genêts, de lentisques, genévriers couverts de baies, bruyères en fleur, asphodèles, thym. Beaucoup de colchiques aussi, et de cyclamens.
Après une bonne heure de marche, nous arrivons à la pointe, qui abrite plusieurs gros minéraliers au mouillage. L’un d’entre eux est amarré au terminal et charge de la pouzzolane (une visite le lendemain au Musée de la Mine nous confirmera que Milos est un important producteur de minerais en tout genre). L’endroit est désert, étrange. Le vent du nord continue de souffler fort, la mer au vent est blanche et contraste d’autant plus avec la partie sous le vent, zébrée de rafales. Nous marchons longuement sur les plages de galets qui entourent la pointe, découvrant à chaque pas des merveilles : les sacs à dos se remplissent, principalement de cailloux, mais aussi de tout un fatras que la mer rend à la terre, dont les bouteilles !
De retour au village, je me promène un peu dans les rues désertes. Ambiance Il était une fois dans l’Ouest… Le vent, les rues désertes, les fils électriques omniprésents qui balancent sous les rafales. 9 maisons sur 10 sont des rooms to let, et comme cela ne suffit visiblement pas, on construit à tour de bras. De la construction vite fait, pas chère. La nouvelle architecture cycladique, des cubes de bétons peints en blanc. C’est assez moche, surtout qu’au lieu d’être regroupé en village, l’habitat est dispersé. Dommage, l’endroit par lui-même est magnifique…
Par contre, comme partout en Grèce, un magnifique parc d’enfants fait la joie d’Agathe : balançoires, toboggans, chenilles, bref tout y est.








