Communiqué de Presse

Révélateur d’une situation malheureusement depuis longtemps organisée par le pouvoir central: la disparition programmée des villages groenlandais. Après la fermeture forcée des villages dans les années 60, c’est aujourd’hui sous la houlette du grand capital et d’un tourisme généralisé que se profile l’avenir d’un Groenland uniformisé.

Dans ce contexte, quelle résistance opposer? Quelles actions réaliser?

A méditer.

La municipalité de Qeqertalik est dans une situation critique.
Par Simigaq Heilmann, maire de la municipalité de Qeqertalik

« J’ai déjà souligné que l’Inatsisartut et le Naalakkersuisut (Gouvernement) doivent faire preuve de la volonté politique nécessaire et assumer une responsabilité collective pour un développement durable dans tout le pays.

Il est maintenant approprié de poser la question directement : quel avenir visons-nous pour les petites localités du pays ?

La situation des municipalités situées en périphérie suscite de vives inquiétudes.

Plusieurs décisions politiques récentes illustrent cette évolution. Le souhait du Naalakkersuisut de créer un établissement d’enseignement selon le modèle GUX (lycée) à Ilulissat devrait avoir des conséquences négatives importantes pour la municipalité de Qeqertalik.

De même, la surconsommation importante dans le secteur de la santé a entraîné la fermeture de centres de santé dans les régions vulnérables, parmi lesquelles notre municipalité est concernée.

La nouvelle loi sur la pêche entraîne un risque accru que plusieurs familles à Aasiaat perdent leur moyen de subsistance. La conséquence pourrait être que les parents, à l’avenir, se lèvent sans avoir un travail vers lequel se rendre – une situation qui mettra considérablement à l’épreuve la commune de Qeqertalik. De plus, la décision de prioriser un aéroport à Ittoqqortoormiit – malgré des défis connus et sérieux dans les infrastructures de notre propre commune – limite encore une fois nos possibilités de développement économique.

Il est souvent affirmé politiquement que le tourisme peut se développer pour devenir un secteur clé à l’échelle nationale. Cependant, ce n’est pas une stratégie réaliste pour toutes les villes du pays. Historiquement, Aasiaat a été caractérisée par l’activité commerciale, le port et le milieu éducatif – une trajectoire de développement qui s’étend sur plusieurs générations. Au nom du conseil municipal, je tiens à exprimer une profonde inquiétude pour l’avenir de la commune de Qeqertalik. Il est crucial que nous trouvions une collaboration engagée.

Nous souhaitons assumer nos responsabilités et continuer le développement de notre commune, mais nous avons en même temps besoin d’une participation réelle et du soutien des instances centrales. Aasiaat et les nombreuses familles autonomes de la ville se trouvent actuellement dans une situation d’incertitude croissante, ce qui aura des conséquences importantes pour toute la commune de Qeqertalik. La population est en baisse, ce qui se reflète déjà dans les subventions globales.

Une éventuelle fermeture de l’usine entraînerait des augmentations significatives des dépenses sociales de la commune. Ce ne sont pas seulement les 115 employés qui seront touchés ; leurs familles également. La fermeture de l’usine serait donc profondément nuisible pour toute la commune. Depuis l’adoption de la loi sur la pêche, le secteur privé a immédiatement ressenti les effets, y compris le report ou l’annulation de grands investissements. À Aasiaat, le recul parmi les entrepreneurs indépendants a déjà été visible au cours de l’année écoulée. Sur cette base, il existe un besoin urgent d’action commune. Nous devons engager un dialogue étroit avec le pouvoir central.

Ce n’est pas une solution de fermer des usines dans d’autres villes pour maintenir l’usine à Aasiaat ouverte. Il est en revanche nécessaire d’opérer une réorganisation nationale et une modernisation du secteur de la crevette. Dans cette période de grande incertitude à la municipalité de Qeqertalik, j’espère que l’Inatsisartut et le Gouvernement reconnaîtront la gravité de la situation et répondront au besoin d’une initiative politique commune et responsable. »

Maire de la municipalité de Qeqertalik, Simigaq Heilmann


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