C’était il y a tout juste 30 ans … à peine … Avec Anne Christine et Eric, nous avions fait route vers le sud depuis Rio de Janeiro. Rentrés dans le détroit de Magellan, nous étions remontés vers le nord en navigant contre le vent, dans le dédale des canaux de Patagonie. Puis à nouveau vers le sud, cette fois-ci au portant, vers le canal de Beagle et Ushuaïa. Arrivés le jour de l’invasion des Malouines (1er avril 1982), nous avions du abréger notre séjour patagon et faire voile »fissa » vers l’Uruguay, avant que l’Angleterre ne fasse le blocus maritime de l’Argentine …
Le point le plus nord que nous ayons atteint était justement Puerto Natales. Evidemment, comme vous vous en doutez, le Puerto Natales de l’époque (petit village aux maisons en bois) et celui d’aujourd’hui (petite ville hyper touristique de 20.000 habitants) sont bien différents.
Et c’est donc là-bas, le cœur lourd de quitter Guapita et sa fine équipe, que j’ai posé mon sac à terre.

Je termine donc, trente ans après, mon tour de la Patagonie !
Voici un petit extrait de mon journal de bord :
Vendredi 23 décembre, Mouillage un peu au sud du canal Darwin.
Soirée écrevisses. 7 au total, un peu maigre, mais excellentes ! Toujours un temps superbe, presque toujours du soleil au réveil.
J’ai la chance inestimable d’avoir en ma possession un exemplaire du tapuscrit rédigé par Philippe Grenier, Anthologie des voyages en Patagonie (XVIème – XX ème siècles). Il s’agit de 2 gros volumes encore inédits, et donc encore reliés par une grosse spirale noire ! Chance inestimable j’insiste, car la qualité du document est exceptionnel. Bien sûr on y parle des « grands » (ou en tous cas de ceux que l’histoire a retenu), les Magellan, Drake, Darwin (ce petit morveux de 19 ans comme écrit Karin !), Slocum et tutti quanti. Mais je découvre une foule de voyages que j’ignorais (je note d’ailleurs que Philippe a préféré le terme de voyage à celui d’expédition, beaucoup plus moderne) : Juan de Mori, Cortés Ojéa, Malaspina (que j’avais découvert en Alaska …), Visheslavtsev et tant d’autre.
Dans tous ces récits (avec une réserve sur la partie moderne, que je n’ai pas encore abordé), une constante : la dureté des conditions. Conditions de temps, conditions de vie à bord. Qui contraste si violemment avec le confort dont nous disposons sur Guapita, qui n’est pourtant qu’un petit voilier de 9,50 mètres, avec la hauteur sous barrot au maître beau, et à condition d’enlever ses bottes !
PS : j’ai depuis terminé la lecture de cet ouvrage impressionnant pour sa richesse et la qualité des commentaires. J’espère vivement que Philippe trouvera vite un éditeur …




Les boucles ne sont jamais tout à fait bouclées et l’histoire comme la vie continuent. Jean Ficelle et Phil le marin, fils et père amoureux de la mer et des rapports humains qu’elle fait naître à chaque mouillage… J’aurais aimé pouvoir naviguer avec mon père, moi qui l’ai si souvent accompagné sur les quais d’embarquement de l’un ou l’autre de ses nombreux voyages.
A bientôt !
Olivier
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