La vie sur le Manguier est à la fois rythmée de gestes routiniers, comme la mise à l'eau de l'annexe sans oublier d'embarquer les gilets, la "grab box", la combinaison de survie, les jumelles, et de moments magiques : émerveillement en découvrant des petits et gros animaux en mer ou sur terre, ou à l'approche de sites de toute beauté comme celui des Iles Semeidi. Le capitaine a décidé de faire escale aujourd'hui et l'ancre y est jetée à 3 heures.
Une baie, dont les deux extrémités sont formées de montagnes assez hautes et dentelées, et un fond de baie qui, de loin, hormis un dénivelé beaucoup plus important, ressemble au golf de Chiberta avant une compétition: très ras, très vert, vide de tout golfeur et donnant très envie de s'y promener pieds nus! L'annexe à l'eau nous partons explorer de plus prés, et là, contrairement à ce que j'avais imaginé, nous partons pour deux heures de promenade dans une poudreuse verte, et colorée de fleurs toutes plus belles (voir toxiques, mais nous ne l'apprendrons que plus tard). La difficulté de marcher dans ce tapis spongieux d'herbes, arbustes, et fleurs hautes n'entame en rien notre détermination et plaisir de se promener pour une fois dans une ile "Bear Free"… Ce qui, en tout cas pour moi, ajoute au sentiment de liberté ressenti dans cet endroit magique un grand sentiment de sérénité.
Au sommet, l'immensité de la mer sur 360°, sieste allongés sur un matelas de mousse, une impression d'être au bout du monde, bien petits, nous immortalisons cela par une petite séance photo de groupe.
Aucune idée de l'heure qu'il est, ni du temps qui passe… vie dans le présent, dans l'instant, sans savoir ni se soucier de ce que sera l'instant d'après … cela, sensation plutôt rare pour la citadine que je suis.
De retour sur le Manguier, la journée se poursuit par un atelier cuisine et la capture de deux halibuts (flétans) … surpris sûrement de se faire prendre dans cet endroit d'habitude désert.
Ce qui me surprend encore, dans cette vie collective sur le Manguier, est que dans cet espace dont nul ne peut s'échapper à moins d'une hydrocution dans une mer à 9° (sauf Karin, qui dès que l'occasion se présente, telle les loutres que nous avons croisées, se jette à l'eau avec un grand plaisir), chacun arrive à mener sa vie, sans gêner les autres… finalement , à un instant donné, il se passe beaucoup de choses sur le bateau, cuisine, lecture, dessin, cartes, débat, et autre rêverie sur la vie ! Que du bonheur !


Je n’avais pas remis le nez dans votre blog depuis le 25 juillet… tout ce que racontent Pierre, Karin, Brigitte, Phil et Béatrice, me rappelle de bons souvenirs : la vie quotidienne sur le Manguier, les quarts de navigation, de cuisine, d’entretien(le gonflage de l’annexe ! ), les randonnées sur les îles ou sur la péninsule, les ours (innombrables ! ), les dauphins, les lions de mer (nombreux), les loutres de mer (rarissimes), les baleines (rares), et tous ces oiseaux de mer, sans parler des Balt eagles… et puis, c’est vrai, ce miracle de la vie à plusieurs dans cet espace limité et mouvant : l’arrivée dans le carré au petit matin, la confection du café, l’allumage du feu, le petit dèj, les sandwichs de milieu de journée consommés souvent à la barre ou tout simplement aux côtés du barreur dans la timonerie, la lecture d’ouvrages documentaires, sur la navigation, lsur a faune et la flore d’Alaska, les jeux de bataille corse ou de YAM avec Agathe, la co-écriture de notre puppett show, les dîners somptueux, et puis, après une journée bien remplie, après que le soleil se fût enfin couché, le confort de la couchette et la chaleur du duvet…
Pour l’heure, Anne-Marie et moi reprenons, comme chaque année, l’aventure musicale : Jazz à Toulon, Jazz des Cinq Continents à Marseille, Jazz à La Londe Les Maures, jazz et musique classique à La roque d’Anthéron… émotion suscitée par les doigts du pianiste – nous avons découvert un jeune coréen véritablement « amazing » ! plaisirs des rencontres et du partage entre amateurs de swing et mélomanes (moins nombreux que les amateurs de jazz, car moins accessibles – d’ailleurs, j’en ai un peu marre de ces récitals où on ne peut pas bouger le petit doigt sous peine de se faire engueuler par une voisine ou un voisin grincheux ! ). En 2012, nous irons aux Folles Journées de Nantes, ce sera plus convivial (on y voit et entend les mêmes artistes, mais dans un contexte beaucoup plus décontracté. Bien que organisées par ce même René Martin qui a fondé il y a 31 ans le Festival International de piano de La Roque d’Anthéron, le concept des Folles Journées est tout à fait différent.
Bon ! Je vous laisse…
Bon vent et belles aventures aux nouveaux Mangonautes !
Gros bisous à mes quatre complices du mois de mai,
Christian.
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que de belles découvertes que vous nous faites partagé par vos récits très intéressent et vos photos. Bonne continuation
mer et bon vent JP&BEA
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