"On August 4, when sailing to the south, we saw finally between south and west about two to three miles from us many high and wooded islands*, so that we were surrounded by land. Wherever we wanted to get out, we found land in the way. So we wasted the winds, which at this time, were mostly east or southeast (…)"
Journal of a voyage with Bering, by G. W. Steller
This island is not, however, wooded. Steller used "wooded" in the sense that a few scraggly trees (like alders) are present.
30 juillet 2011, Semedi Islands
270 ans plus tard … Contrairement à Béring qui avait hâte de rentrer vers le Kamchatka, le Manguier mouille dans l'île la plus nord, l'île Aghiyak. La baie est la même, on y retrouve les mêmes phoques, les mêmes macareux, les mêmes fleurs qui devaient abonder aussi en ce 4 août 1741. Et pourtant, quelle différence dans ces deux voyages ! A bord du St Pierre, l'équipage était à rude épreuve : presque tous étaient déjà atteints du scorbut, la vue de ces îles était synonyme d'angoisse pour ces bateaux si peu manouvrant. Pour nous, il s'agit au contraire d'une rencontre magique, empreinte de calme et de sérénité. Une rencontre avec la Nature à l'état brut. Un formidable sentiment de plénitude.
De retour à bord du Manguier, nous avons bu notre petit ouzo quotidien, puis excellemment dîné d'un plat de poisson agrémenté de rumex, ce fameux rumex dont Steller s'évertuait à vanter les qualités anti scorbutiques, en vain, et qui était là, à portée de chaloupe …
Et en fumant ma petite clope du soir sur le pont, j'essayais d'imaginer le regard de Béring sur ces îles, si accueillantes pour nous, si inhospitalières pour eux, ces mêmes îles …

