Problème technique au large du Portugal, par Claire

La nuit n’est pas toujours un long fleuve tranquille sur le Manguier.
7 mai – 23H00 : le moteur s’étouffe, puis s’arrête ; filtre à gasoil encrassé… ce n’est rien on le change, la mer est plutôt calme, le baro stable, tout va bien le Manguier reprend sa route vers le Nord.
0H15 : le moteur tousse à nouveau et s’arrête une deuxième fois… la tension monte un peu, une partie de l’équipage apparaît les yeux bouffis dans la timonerie pour prendre des nouvelles du grand Baudouin. Mais ce n’est pas lui qui est en cause. C’est encore le filtre à gasoil qui s’est encrassé, le diagnostic est vite fait : le gasoil est « pourri » par des bactéries ou une autre maladie… Impossible de changer les filtres toutes les heures jusqu’au Japon, il nous faut une solution au moins pour rallier le port le plus proche « Viana  de Castello ». C’est parfait on met le cap à l’est, vent de travers, 15 nœuds, on hisse les trois voiles, le Manguier se faufile entre les bateaux de pêche à 2 nœuds et pendant ce temps le mécano de service et deux de ses acolytes purgent 40 litres de carburant marron et gélatineux avec les moyens du bord (des pichets de Ricard parce qu’il y en plein à bord !) pour le filtrer. Et grand chef mécanicien nous concocte un petit système d’alimentation qui court-circuite la cuve journalière.
4H du matin, on remet en marche, le Baudouin ronronne et le Manguier s’amarre au pied de Santa Lucia à qui nous irons offrir un ex voto.

Réparation

NB du capitaine: l'escale nous a permis de trouver la raison de cette panne: UN SAC PLASTIQUE ! qui avait atterri on ne sait comment dans les cuves principales du manguier, et qui, avec le roulis, était parvenu à rentrer dans les canalisations, obturant le passage pour la cuve journalière … nous avons donc puisé jusqu'à la lie dans la cuve journalière, ce qui explique les filtres encrassés. Heureusement, pas de bactéries !!! ouf !


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