Folégandros, par Ph. Rigaud

Le lendemain, dans le beau temps et la
mer d’huile, le voyage se poursuit pour Folegandros, une île
que nous avions appréciée pour son paysage et la
gentillesse des gens rencontrés.

Arrivés au pied des hautes
falaises de Chora sur la côte nord, nous effectuons, Julien,
Jean-Philippe et moi un débarquement dans le style "commando"
avec, pour mission spéciale, l’achat de pain à la
boulangerie de la capitale.

Le Manguier s’étant approché
très prés des roches abruptes et accores, nous sautons
habilement (et avec élégance) sur les roches salées,
grimpons en vitesse vers la ville dans un lapiaz bien raide, passons
les restanques, saluons quelques chèvres, atteignons les
ruelles du village et (re)trouvons rapidement la boulangerie que nous
investissons aussitôt. Mission accomplie.

Porteurs du précieux pain de
Noël, nous descendons vers le port où nous attend le
Manguier
à 5 km de là. A notre surprise, en route, une
auto s’arrête à notre hauteur et une charmante jeune
femme nous propose de descendre avec elle. Nous acceptons cette
sympathique et inattendue invitation et nous discutons en anglais
(elle nous a vu débarquer…). Nous apprenons aussi qu’elle
vient nourrir des chats résidents permanents sur le port.
Effectivement, à l’arrivée, elle sort un sac de
"graines" pour chats et, aussitôt, quinze à
vingt de ces félidés accourent prendre part au festin
(du reste, ces petits affamés resteront sur place afin
d’attendre quelques miettes de notre repas). Pour la remercier de son
aimable conduite, nous lui faisons l’offrande d’une bouteille de vin
de Corse et elle nous invite à venir dans un café vers
les 21 heures pour la soirée de ce Noël grec.

Dans l’après midi, nous faisons
une balade dans les collines calcaires environnant le port. Nous
gagnons un sommet marqué d’un beau montjoia et d’où la
vue s’étend loin vers les petites îles voisines mais
aussi vers un petit hameau situé en hauteur, au bout d’une
petite plaine cultivée bordée de murs comme partout
dans ce pays.

Au cours de la descente, nous
remarquons un mur sortant de l’ordinaire au bout d’un champ. Il est
percé de cavités régulières et s’étend
sur un environ vingt mètres. Nous pensons à un apier,
ce qu’il est effectivement. Dans les niches, dix-huit au total, ou du
moins, dans certaines, nous voyons des céramiques cylindriques
pour la plupart percée à l’extrémité,
sans doute cassée. Ces vases ont servi de ruches, on peut le
constater car des alvéoles adhérent encore sur les
parois.

Finalement, nous fêtons Noël
à bord avec un excellent repas concocté par Cécile
et comme celui-ci se prolonge, nous restons sur le Manguier et avons
la flemme de monter au village …  et c’est comme ça que
n’allons pas faire la fête à Chora.

Nous montons au village le lendemain
pour éventuellement acheter du pain que nous ne trouverons
pas, le jour de Noël le boulanger se repose… Nous montons à
l’église visitée un mois avant et redescendons ensuite
au port.

Nous larguons les amarres peu de temps
après et faisons route vers Santorin/Thera.


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