De Rhinea nous repartons le surlendemain de la visite à Delos en ayant auparavant fait une autre petite balade dans le nord de l’île. Cette fois la destination est le continent et précisément la proximité d’Athènes pour récupérer l’équipage du Vagabond venu pour une petite semaine à bord du Manguier (France, Eric et la petite Léonie, de pas encore un an).
En route, avec une mer un peu agitée, nous doublons par le sud l’île de Gyaros ce qui nous permet d’apercevoir de loin les sinistres bâtiments d’une prison qui avait « accueilli » pendant la dictature des Colonels (1967-1974) de nombreux prisonniers politiques. L’île est à l’image de ce que pouvait être cet exil forcé, déserte, austère, haute et hostile à toute approche: de hautes falaises la bordent de presque tous les cotés.
Arrivés en vue du port de Lavrion nous faisons un petit tour devant le « port olympique » pour voir quelle possibilité pourrait se présenter pour un stationnement du Manguier, mais un contact radio paraît infirmer un « tuyau » donné deux mois avant en Tunisie, les possibilités de faire escale dans cette marina ne paraissent pas favorables. Nous retournons vers le port qui paraît très grand et plutôt tourné vers le trafic commercial. De fait, de nombreux ferries, cargos et autres navires à usage spécialisés sont logés dans différents postes. Nous choisissons de nous placer entre un gros remorqueur britannique et un navire drague nommé Elephantas. Le quai est très haut et peu aisé pour débarquer. Justement ça ne commence pas très bien, en sautant pour porter l’aussière d’amarrage, dans la précipitation j’écrase la canne d’un pêcheur qui ne pensait pas qu’on vienne jusque là lui casser son outil. Je m’excuse en vitesse et je porte l’amarre à poste. A la tête du pêcheur, je vois qu’il n’a pas l’air très content (ça peut se comprendre). Face à cette situation de crise, Philippe me propose de lui donner une bouteille de vin corse pour « compenser » l’erreur (la mienne et la sienne aussi, le poste est celui de l’amarrage des navires). Finalement, en lui portant le flacon, tout s’arrange et ses paroles me rassurent sur la valeur de cette compensation vinicole, « no problem, thank you very much ». Ouf, on a évité l’incident diplomatique. Merci le vin, merci la Corse !
L’emplacement choisi faute de mieux n’est pas excellent pour deux raisons, l’une heureusement temporaire est, sur ce vaste terre plein, la tenue d’un meeting de rallye auto, ce qui a pour conséquence beaucoup de bruits de moteurs et surtout un type qui hurle sans arrêt dans un micro. Heureusement, le rallye s’achève et tout le monde déménage en soirée dans un grand concert de bagnoles emballées.
Il reste les inconvénients de ce poste d’amarrage, qui eux, sont plus gênants avec la hauteur du quai, celui du ressac constant et donc des mouvements qu’il occasionne au Manguier et de là l’inconfort.
Le lendemain, non sans s’être levés à trois heures du matin pour raidir les amarres et en avoir rajouté de supplémentaires en raison du vent forcissant et du ressac, refrain pénible, nous partons Cécile, Agathe et moi pour Athènes. Philippe reste sur place dans l’attente éventuelle des autorités (notre place est-elle « légitime » ?). Dans la journée, au cours de ses balades dans les environs il va repérer un coin, en face, qui paraît plus favorable au stationnement. De plus, les autorités s’il y en a ne se manifestent pas, trop froid ?
Le voyage vers Athènes est plutôt long en bus, une heure et demie, sans passer par la route directe mais via de nombreux arrêts dans diverses agglomérations.
Sur place, après nous être repérés (la station de bus pour le retour) nous prenons le métro pour la visite de l’Acropole et du Parthénon.
Un très beau site, du monde, mais pas les probables grandes foules de l’été.
La montée est assez brève et nous pouvons admirer le site, un peu gâché par de nombreux échafaudages dissimulant les colonnades (restauration en cours).
Mais, bon, ce Parthénon est tout de même un beau monument et la vue sur Athènes intéressante, une grande ville très étendue…
A la descente nous passons par des espaces verts semés de nombreuses ruines antiques et, en particulier, repérée depuis le plateau de l’Acropole la fameuse Tour des Vents sur le forum romain où sont figurés en allégories les huit vents de référence (IIe s. ap. J.C.). Ce sont des personnages munis d’ailes pour certains dont le nom était marqué (ceux-ci sont peu visibles actuellement).
Cette tour servait également de cadran solaire et, la nuit ou lorsque le temps était couvert, une clepsydre (horloge à eau) prenait le relais du soleil endormi ou déficient.
Après cette visite et la faim se faisant sentir nous traînons dans le quartier de Plaka, au pied de l’Acropole, où nous trouvons dans une rue pleine de monde une taverne bondée et pratiquement pas de touristes (reconnaissables) et, ma foi, un repas correct, tout cela dans une bonne ambiance. Après un café dans un bar « branché » nous rentrons à pied vers la station de bus. Le retour à Lavrion se fait de nuit, les courtes journées d’hiver sont décidemment implacables.
Le lendemain nous changeons de poste d’amarrage et, effectivement, celui que nous rejoignons est nettement plus tranquille et proche du centre ville, ce qui est pratique pour les courses.

