En quittant la baie de Milos, nous doublons quelques importants écueils et de véritables îles qui paraissent inaccessibles, tant leurs abords sont élevés et abrupts. Puis nous doublons Apollonia, visitée deux jours auparavant. Aux approches de Kimolos, nous faisons route vers l’île de Poliagos. Là, nous reconnaissons un joli mouillage de beau temps, ce qui est le cas ce jour ! Nous poursuivons vers le sud ouest de cette ’île inhabitée où gisent de curieux rochers, des «farillons», s’élevant verticalement aux abords de grandes falaises. Comme l’endroit paraît se prêter à une escale sympathique et originale, le fer est donné.
Quelques instants après, un cri jaillit, «un phoque !». Effectivement, tout proche du bord, une tête ronde grise/noirâtre se déplace, puis disparaît en laissant apparaître, furtivement, le corps allongé d’un bel animal ayant toutes les apparences de monachus monachus, autrement dit le phoque de Méditerranée. Nous observons et constatons que, finalement, le phoque en question est double, c’est-à-dire qu’il y en a deux, un gros et un autre plus petit, femelle, jeune ? Ils paraissent se réfugier dans une grotte s’ouvrant dans la roche au ras de l’eau et, dans le silence qui entoure nos observations, nous entendons des sifflements et des grognements. Ces derniers ressemblent à des «cris» de canards ou quelque chose s’approchant des sons produit par ledit volatile amphibie. On les entendra encore dans la soirée.
L’après-midi, l’équipage se scinde en deux, une équipe (Cécile, Agathe et Philippe) part faire une balade en kayak autour des farillons (les roches dressées) et le long des falaises plongeantes.
Je choisis la terre, ou plutôt la grimpe vers un sommet, prolongement d’une longue arête s’arrêtant dans la mer sur la plage de galets où nous avons débarqué. Cette montée vers les hauts de l’île s’accomplit assez rapidement. Arrivé presque au sommet, j’aperçois dans les buissons deux ou trois chèvres qui traversent la pente. Ces chèvres, je vais les retrouver un peu plus loin. Méfiantes, mais aussi curieuses : deux d’entre elles se laisseront volontiers photographier avant de dévaler le long de la pente vers un bêlement incertain issu des profondeurs d’un vallon. Je poursuis mon chemin abrupt et rocheux en redescendant vers la mer parmi les buissons de lentisques et de cades, la farigoule et les argélas piquants. A nouveau des chèvres, devant moi cinq ou six, elles fuient, s’arrêtent de temps en temps et se retournent pour voir si je suis toujours là. Au bout d’un moment elles disparaissent.
Arrivé sur la plage, je remonte de l’autre côté du vallon vers une maison plutôt laide (cube de béton brut) abandonnée. Elle a dû servir pour l’exploitation minière dont on voit les cicatrices sur ce flanc de la montagne: chemins tracés au bulldozer, entrées de galeries, remblais, pontons bétonnés pour l’évacuation des minerais…
La maison est bien vide, d’ailleurs il n’y a plus rien à l’intérieur, ni portes ni fenêtres. Une trace dérisoire et laide de ce qui fut une intrusion dans ce paysage minéral et marin à la beauté austère.
Nous terminons cette agréable journée à Poliagos par une séance de photos afin de promouvoir l’usage du kayak de mer dans la mer Egée ou des Cyclades, parmi les phoques et les chèvres.





Comme c ‘est beau, comme ça sonne bien, ce mot, « farillon ». Ce mot n ‘est pas dans le Larousse ( je laisse à de bien plus savants que moi le soin d’ attester l’utilisation de ce mot dans les textes français. A t’il une origine occitane ? En italien, les
» faraglioni » sont tout simplement des récifs, des
ecueuils.De la villa de Malaparte,
dominant une petite crique à Capri,( c’est là qu’a été tourné « le mépris » de JL Godard),
on vit des ilots qui s’appelent les Faraglioni.
Merci de continuer à nous faire rêver !!!
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merci Jean de ces commentaires… tu peux pas savoir comme ca fait du bien. Parce que meme si on vit des moments forts, on est quand meme loin …
bises de l’equipe,
phil le grec
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