Folegandros, par Ph. Rigaud

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Comme beaucoup d’îles, Folegandros est très accidentée et nous le constatons une fois de plus lorsque, après avoir mouillé dans une jolie baie au sud de l’île appelée Vati, nous entamons une assez raide montée par une route (bétonnée) en direction de Chora, la «capitale» de l’île. Sur la crête, la route devient goudronnée et poursuit son chemin vers la destination voulue. Du littoral tourné vers le nord, les pentes deviennent abruptes mais sont toujours cultivées grâce à un système de restanques: murs de pierres sèches et terrasses. Au détour d’un petit virage, en contrebas un peu loin, une scène attire l’attention : il s’agit d’un couple d’ânes attelés à un araire que conduit un paysan. D’autres ânes à proximité, bâtés ceux-là, paraissent attendre en broutant. On découvre ici une nouvelle image de la Grèce traditionnelle, le labourage à l’araire.

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Plus loin sur la route, mais à moins grande distance, nous remarquons un attelage de deux bœufs ou vaches qui tirent également un araire. Comme cette scène du théâtre bucolique n’est pas très éloignée, en bons spectateurs nous allons voir de plus près ce qu’il en est. Ce sont effectivement deux vaches mais aussi deux ânes qui sont attelés à un araire. Un homme les conduit et sa femme l’assiste dans son travail. L’accueil est sympathique et avec la dame une conversation s’engage: grec, anglais, italien, quelques mots de français… Elle nous demande de faire une photo avec son mari, on lui enverra à l’adresse qu’elle note sur un papier.

Elle nous montre ce qu’ils plantent dans ce sol caillouteux que l’araire affleure de son soc de métal (le reste est en bois) il s’agit d’une céréale, sans doute de l’orge, qui, nous explique-t-elle, va servir à nourrir les bêtes.

Nous faisons encore quelques photos puis repartons, contents d’avoir rencontré des gens accueillants.

Arrivés à Chora, située dans un décor remarquable, en bordure de hautes falaises verticales au dessus de la mer, nous pratiquons la visite rituelle du blanc et du bleu.

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Nous remarquons à proximité du village les nombreuses restanques en pente vers la mer. Elles paraissent abandonnées et certaines servent maintenant de bases pour des constructions neuves. Du reste, c’est une constatation générale, on construit beaucoup dans les îles, pas toujours du meilleur goût et trop fréquemment en des lieux qui auraient certainement mérité une préservation.

Pour atteindre une église et le paléo-kastro au-dessus du village, nous empruntons un chemin tout blanc (béton et pierres) qui conduit en lacets vers l’église, fermée comme souvent. L’entrée est bordée de belles pierres sculptées et gravées, les motifs sur les deux pilastres évoquant les quatre évangélistes . Sur le linteau au dessus de la porte, le soleil et la lune sont stylisés, avec bonheur.

Le paléo-kastro, sur la colline au-dessus de l’église, contrairement à la première idée, ne semble pas avoir été occupé à l’époque médiévale ou moderne (sauf peut-être une sorte de cabanon avec une citerne ayant servi de vigie ?), mais le fut certainement à la période antique. On remarque en certains endroits les preuves de cette occupation dans le rocher naturel taillé, ayant servi de bases et d’assises pour des habitations, et surtout des tessons dont de la céramique attique (je trouve un fond de coupe à vernis noir marqué d’un graffite, un delta comme marque de propriété, ca. IIe-IIIe s. av. J.C.) .


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