Cécile ZAWIEJA

Cécile ZAWIEJA
Autoportrait: Les cheveux de Sedna ou perruque chamanique. Méli-mélo de cordages, flotteurs et sculptures. Origine: Sibérie, Alaska, Méditerranée. 2011

Je suis née à Marseille en 1974. Très tôt, j’ai été convaincue que, pour traverser l’existence, il est crucial de s’inventer des ailes.

Mes ailes, dans un premier temps, ont pris la forme des mots. Happée par le formidable potentiel d’évasion et de rencontres offert par la littérature, j’ai suivi jusqu’au DEA un cursus littéraire.

En parallèle, j’ai cultivé mon goût pour la peinture et le dessin, privilégiant au cours de ma formation le fondement artisanal et technique du fait pictural : stage chez les Compagnons du Devoir à Marseille, puis diplôme de Peintre en décor du patrimoine en 2001 à l’École d’Avignon. Si bien que tout un pan de ma vie professionnelle actuelle consiste à restaurer les fresques d’églises ou de monuments anciens. À ce jour, j’ai mené à bien une vingtaine de chantiers, en Corse et en Provence. Je les considère comme des ailes qui me hissent dans un autre espace temporel, du Moyen-Âge au XIXe siècle.

J’ai une troisième sorte d’ailes. Elles m’entraînent dans un espace tangible, bien présent et fascinant, la surface de la planète. Elles se font souvent nageoires, hélices, voiles. Depuis 2009, je sillonne plus particulièrement les mers et océans du Grand Nord.

Ce pan nomade de ma vie est devenu la zone d’implantation de mes ailes les plus spécifiques et originales, aux plumes polymorphes, qui satisfont mon besoin essentiel de création. J’exprime mes émotions et découvertes de voyageuse maritime à travers des bouquets de textes, dessins, aquarelles et œuvres plastiques. Ces réalisations, je les ai confrontées au public, que ce soit au sein d’un livre collectif (L’Insensé périple d’un remorqueur à voiles, de Corse en Alaska par la route des glaces), du blog du Manguier ou d’une dizaine d’expositions personnelles (de Marseille en Alaska, en passant par Calvi, Brest et Paris).

Mes œuvres plastiques ? Au gré des escales, je glane sur les grèves et les rivages des bribes de matière charriée par la puissance des courants, emportée par les aléas des intempéries ou déposée par une vie qui s’achève. Déchets de l’activité humaine, débris animaux ou végétaux, ces matières renferment toutes une histoire, paisible ou violente, celle d’un long voyage. Ces morceaux d’objets en voie de désintégration, qui appartenaient au paysage sans y avoir de place, je les peins, colle, assemble, retaille… Je suis désormais imprégnée de culture inuit, aussi mes sculptures-assemblages m’apparaissent-elles comme des versions modernes et bénéfiques de tupilak-s, véhiculant, au lieu de haine meurtrière, la joie de vivre et la mémoire.

Site web : czawblog.wordpress.com