Impressions post-résidence hiver 2019, Bénédicte Klène

Bénédicte Klène

« Autant le dire tout de suite, je n’aurais jamais cru pouvoir un jour vivre une chose pareille et je n’en reviens toujours pas d’avoir pu le faire.

Je crois que nous étions tous très heureux d’’avoir la chance d’être là, à bord du Manguier, dans ces conditions hivernales qui , finalement, se sont avérées plus douces, mais aussi bien plus inquiétantes que prévues ( SIKU AJORPOQ ! ). Mais du début à la fin, ce bonheur ne nous a jamais quitté. Nous avons retrouvé le plaisir de s’amuser des enfants. Alors aujourd’hui, je reviens regaillardie, comme détentrice d’une nouvelle force incomparable, celle d’avoir vécu une expérience extra-ordinaire, tant au plan humain que artistique.

            Séjourner tout un mois sur la banquise, ainsi coupée de tout, à l’autre bout du monde, m’a rendu plus sereine et plus sûre de moi. Cette aventure a mobilisé en moi des capacités d’adaptation que je n’imaginais pas détenir à ce point, heureuse de me sentir terriblement vivante, remplie d’un désir frémissant et sans cesse renouvelé de découvrir le nouvel inconnu qui s’offrait à nous chaque matin en sortant sur la coursive glacée du Manguier, en apercevant le ciel, l’horizon, la neige et la glace de la banquise, puis en retrouvant la chaleur, l’amitié et les projets foisonnants de l’équipage regroupé dans le carré.

            Heureuse aussi du nouveau pouvoir que j’ai acquis, celui d’appréhender et capter un bout de la réalité arctique par le plaisir d’un dessin qui courait et s’envolait sous mes doigts avec une facilité que je ne soupçonnais pas auparavant, mû par un désir d’enfance retrouvée, un désir d’aller à la rencontre des îliens d’Akunnaaq. Peut-être mon regard sur le monde s’est-il ainsi affûté ? voir même positivé ? Plus que jamais, au-delà des barrières de nos langages inconnus les uns des autres, je suis certaine que l’art tire un trait d’union avec le monde…

            Au bout du voyage, je choisis de conserver en moi quelques images lumineuses : celles des sensations de la blancheur neigeuse quand le ciel et la terre ne font qu’un, celles de la folie des aurores boréales, celles des sourires bienveillants de tous mes nouveaux amis, français et groenlandais confondus, croisés au cours de cette aventure.

A présent, je me sens prête à aborder une autre partie de ma vie. Je rentre en Bretagne le jour même de ma fête et je viens de recevoir ce matin le plus merveilleux des cadeaux, signe resplendissant d’un nouveau bonheur : la petite IRIS est née ce matin, ma première petite fille !

QUSANA ! La vie est belle ! »

 

Bénédicte Klène

Chroni-croqueuse


3 réflexions sur “Impressions post-résidence hiver 2019, Bénédicte Klène

  1. Cette histoire c’est presque un rêve que tu nous fais partager. Et Iris ce matin-là….. votre plus belle aurore boréale! AMC

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